S'abonner
Actualité· Analyse

Aéroport de Qleiaat : le Liban s'apprête à ouvrir une seconde porte aérienne au Nord

Le gouvernement prépare le lancement des vols commerciaux depuis l'aéroport René-Moawad de Qleiaat, dans l'Akkar. Pour la première fois depuis des décennies, le pays ne dépendra plus du seul aéroport de Beyrouth. Un choix de souveraineté autant que de développement.

Un Airbus A321 de la compagnie nationale Middle East Airlines

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le Liban se dote enfin d'une seconde porte aérienne. Le Premier ministre Nawaf Salam a réuni lundi 6 octobre au Grand Sérail les responsables chargés de préparer le lancement des vols commerciaux à l'aéroport du président René-Moawad, à Qleiaat, dans le caza d'Akkar, au nord du pays. Selon la présidence du Conseil, la réunion portait sur l'état d'avancement des travaux et le calendrier d'ouverture au trafic civil.

L'enjeu dépasse la logistique aéroportuaire. Depuis la fermeture de fait des autres plateformes du pays, l'aéroport international de Beyrouth-Rafic-Hariri est resté le seul point d'entrée aérien du Liban. Une dépendance devenue vulnérabilité : situé dans la banlieue sud de la capitale, il est exposé aux soubresauts sécuritaires du pays. Ouvrir une seconde plateforme au Nord, c'est offrir au Liban une redondance stratégique que peu d'États de la région s'autorisent à négliger.

Une piste née en 1934, une armée aux commandes

L'histoire de Qleiaat est ancienne. La piste a été tracée dès 1934 par l'Iraq Petroleum Company, qui l'utilisait pour acheminer ses techniciens entre le Liban et les pays arabes. Devenue base aérienne militaire, elle est aujourd'hui exploitée par l'armée libanaise sous le nom de base aérienne René-Moawad, du nom du président assassiné en 1989. Sa piste en béton de trois mille mètres peut accueillir des avions de ligne, et sa réhabilitation se fait sans rompre avec son usage militaire.

La localisation dit beaucoup du projet. À quelques kilomètres de la frontière syrienne, dans une région longtemps tenue à l'écart des grands investissements publics, l'aéroport peut devenir un levier de désenclavement pour l'Akkar, l'un des territoires les plus pauvres du Liban. Désenclaver le Nord, c'est aussi répondre à une demande ancienne de la diaspora originaire de cette région, contrainte jusqu'ici de transiter par Beyrouth.

De l'annonce aux avions

En mars 2025, Nawaf Salam avait annoncé, lors d'une visite sur place, que l'aéroport serait opérationnel pour des vols civils dans un délai d'un an. Le chantier a suivi : mise aux normes des installations, certifications de sécurité et licences d'exploitation. La compagnie nationale Middle East Airlines a, de son côté, fait part de son intention d'y baser une filiale à bas coûts, baptisée Fly Beirut, dont le lancement est attendu en 2027 avec une flotte initiale de six appareils.

Reste à transformer l'essai. Un aéroport ne vit pas de ses pistes mais de ses lignes, de ses compagnies et de ses passagers. Si Qleiaat tient ses promesses, le Liban n'aura pas seulement gagné un terminal : il aura rappelé qu'un pays souverain ne met pas tous ses accès dans un seul panier.

LibanAkkarTransportSouverainetéÉconomie
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

Suivez le lien France–Liban

L'essentiel de l'actualité, de la culture et des rendez-vous, une fois par semaine. Sans spam, désinscription en un clic.

À lire aussi