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Diaspora· Diaspora

Les Libanais d'Australie : une diaspora centenaire qui a atteint les sommets de Sydney

Près de 250 000 Australiens revendiquent une ascendance libanaise, concentrés à Sydney depuis les années 1870. Plurielle comme le Liban lui-même, cette communauté a porté l'une des siennes au poste de gouverneure d'un État. Un actif que Beyrouth sous-exploite.

Marie Bashir, ancienne gouverneure de Nouvelle-Galles du Sud, d'origine libanaise

Wikimedia Commons, GFDL

Quand on dresse la carte de la diaspora libanaise, le regard file d'abord vers Paris, São Paulo ou l'Afrique de l'Ouest. L'Australie, elle, reste un angle mort. À tort : près de 250 000 de ses habitants revendiquent une ascendance libanaise, et la communauté y est l'une des plus anciennes du monde.

Au recensement de 2021, 248 430 Australiens déclaraient des origines libanaises, soit environ 1 % de la population nationale. Parmi eux, 87 343 étaient nés au Liban, dont près de 66 000 installés dans le Grand Sydney. La métropole de la côte est concentre le cœur battant de cette diaspora, de l'ouest et du sud-ouest de Sydney jusqu'à Melbourne.

Partis avant même que le Liban n'existe

L'histoire remonte aux années 1870. Sous un Empire ottoman en déclin économique, des chrétiens de la Montagne libanaise prennent la mer vers le Brésil, l'Argentine, les États-Unis et l'Australie. Ils partent donc bien avant la proclamation du Grand Liban en 1920 et l'indépendance de 1943 : ce sont des migrants d'une région, le Mont-Liban, devenus les ancêtres d'une communauté qui se pensera plus tard pleinement libanaise.

Comme au pays, cette diaspora est plurielle. Les données du recensement font apparaître une majorité de catholiques, essentiellement maronites, aux côtés d'une forte minorité musulmane, sunnite et chiite, et d'une composante orthodoxe. Le Liban confessionnel s'est en quelque sorte reconstitué aux antipodes, avec ses églises et ses mosquées de quartier.

De Tripoli au sommet de l'État

Cette communauté n'est pas restée aux marges. Marie Bashir, fille d'immigrants partis du Liban, a été gouverneure de Nouvelle-Galles du Sud de 2001 à 2014, l'une des plus longues durées à ce poste, représentante de la Couronne dans l'État le plus peuplé d'Australie. Son époux, Nicholas Shehadie, lui aussi d'origine libanaise, fut international de rugby et maire de Sydney. Le parcours d'une famille devenue, à elle seule, un symbole d'intégration.

Le sport a offert un autre visage à cette présence. Hazem El Masri, né à Tripoli en 1976 et arrivé enfant en Australie, est devenu l'un des plus grands buteurs de l'histoire du rugby à XIII australien, idole des tribunes et modèle pour toute une génération issue de l'immigration. Longtemps caricaturée dans certains débats publics, la communauté libanaise a imposé sa place par le travail, l'école et le terrain.

Un capital que Beyrouth laisse dormir

Reste une évidence stratégique. Cette diaspora ancienne, prospère et bien insérée constitue pour le Liban un relais d'influence, un vivier d'investissement et un tourisme de racines encore largement inexploités. À l'heure où le pays cherche des appuis partout où il le peut, cultiver le lien avec les Libanais d'Australie n'est pas un supplément d'âme : c'est une ressource souveraine laissée en friche.

DiasporaAustralieSydneyHistoire
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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