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Diaspora· Analyse

La diaspora libanaise en Australie : un quart de million d'âmes, capitale Sydney

Près de 250 000 Australiens revendiquent une ascendance libanaise, selon le recensement de 2021. Concentrée dans l'ouest de Sydney, cette communauté née de vagues successives d'émigration est l'une des plus grandes du monde arabe en Australie.

Haldon Street à Lakemba, cœur de la communauté libanaise dans l'ouest de Sydney

Blu3d, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

De toutes les terres d'accueil de l'émigration libanaise, l'Australie occupe une place à part. Près de 250 000 de ses habitants revendiquent une ascendance libanaise, selon le recensement national de 2021 : précisément 248 430 personnes, soit environ 1 % de la population australienne, d'après le Bureau australien des statistiques (ABS). C'est l'une des plus importantes communautés d'origine arabe du pays.

Sydney, capitale libanaise de l'Australie

La géographie de cette diaspora est d'une netteté frappante. Sur les 87 343 personnes nées au Liban recensées en 2021, près de 66 000 vivent dans le Grand Sydney, selon les données du recensement. La communauté se concentre dans l'ouest de la métropole : plus de 20 % des Australiens d'origine libanaise résident dans la seule zone de Canterbury-Bankstown, rapporte la chaîne publique ABC. Autour de Lakemba et de Bankstown, commerces, lieux de culte et restaurants dessinent un paysage où l'arabe libanais se mêle à l'anglais australien.

Un second foyer à Melbourne

L'État de Victoria, dont Melbourne est la capitale, abrite la deuxième communauté du pays : 49 107 personnes y déclarent une ascendance libanaise, dont 18 689 sont nées au Liban, selon le gouvernement de l'État de Victoria. Cette implantation, plus tardive et plus dispersée que celle de Sydney, confirme l'ancrage durable des Libanais dans les grandes métropoles australiennes.

Trois vagues, un siècle et demi d'histoire

La présence libanaise en Australie n'est pas récente. Une première vague migratoire part du Mont-Liban ottoman à la fin du XIXe siècle, portée par les mêmes ressorts économiques que l'émigration vers les Amériques et l'Afrique : colportage, commerce, recherche de débouchés. Après la Seconde Guerre mondiale, une deuxième vague vient grossir les rangs. Mais c'est la guerre civile de 1975-1990 qui provoque le plus fort exode vers l'Australie, en particulier vers Sydney, où des filières familiales déjà installées facilitent l'accueil.

Un visage religieux qui a changé

Cette histoire en trois temps explique la diversité confessionnelle de la communauté. Les premières vagues étaient majoritairement chrétiennes, notamment maronites et orthodoxes. L'émigration liée à la guerre civile a, elle, amené une part plus importante de Libanais musulmans, sunnites et chiites. Cette mosaïque reflète celle du Liban lui-même et fait de la diaspora australienne un condensé du pays d'origine, transplanté aux antipodes.

Un pont entre le Liban et le Pacifique

Aujourd'hui pleinement intégrée à la société australienne, cette diaspora reste un relais économique et culturel pour le Liban. Elle entretient des liens familiaux et financiers avec le pays d'origine, contribue à sa visibilité dans le Pacifique et illustre la capacité des Libanais à s'enraciner loin sans se couper de leurs racines. Un quart de million de personnes qui, à l'autre bout du monde, gardent le Liban en partage.

DiasporaAustralieSydney
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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