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France–Liban· Analyse

Cap sur Tampa : la France accompagne le Liban qui porte ses exigences avant la fin de la FINUL

Au lendemain de la visite de Jean-Noël Barrot et Alice Rufo à Beyrouth, le Liban annonce qu'il portera ses demandes à la réunion tripartite de Tampa, le 20 octobre. Paris, qui veut définir la présence internationale au Sud après le retrait de la FINUL au 1er janvier 2027, se pose en garant de la souveraineté libanaise.

Jean-Noël Barrot, ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères

Aurore Martignoni / European Union, 2024 / EC - Audiovisual Service, CC BY 4.0

La France ne veut pas d'un vide sécuritaire au Liban-Sud. C'est le fil conducteur de la séquence diplomatique ouverte ce week-end à Beyrouth : à peine la visite de Jean-Noël Barrot et d'Alice Rufo achevée, la présidence libanaise a annoncé l'envoi d'une délégation militaire à une réunion tripartite à Tampa, le 20 octobre, pour y porter les exigences du pays. Paris n'est pas spectateur de ce calendrier : il le prépare, et entend peser sur ce qui remplacera la force de l'ONU quand son mandat s'éteindra, le 31 décembre.

Une visite pour préparer l'après-FINUL

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, se sont rendus au Liban les 17 et 18 octobre 2026. Selon le Quai d'Orsay, l'enjeu du déplacement était de définir les modalités de la présence internationale au Sud à compter du 1er janvier 2027, à l'expiration du mandat de la FINUL, et de réitérer le soutien de la France à la stabilité et à la pleine souveraineté du Liban.

Reçu au palais de Baabda par le président Joseph Aoun, le chef de la diplomatie française a entendu une demande claire : empêcher que le départ des Casques bleus ne laisse un angle mort au Sud. C'est précisément le rôle que la France revendique depuis des mois, celle du garant qui tient la plume sur le dossier libanais au Conseil de sécurité.

Cap sur Tampa, le 20 octobre

Dans la foulée de cet entretien, la présidence libanaise a confirmé qu'une délégation militaire se rendrait le 20 octobre à Tampa, en Floride, siège du commandement militaire américain, pour une réunion tripartite. Objectif affiché par Beyrouth : présenter ses demandes en vue d'un arrêt immédiat de l'escalade israélienne dans le sud du pays.

Ce rendez-vous marque une montée en gamme du mécanisme de suivi du cessez-le-feu né fin 2024, jusqu'ici cantonné à des réunions d'experts près de la frontière. La France y est partie prenante : membre du mécanisme aux côtés des États-Unis, elle accompagne la démarche libanaise plutôt que de la commenter de l'extérieur. Pour le Liban, l'intérêt est double : internationaliser sa cause et s'adosser à une puissance occidentale capable de porter sa voix là où il n'a pas de prise directe.

La FINUL s'efface, la question du relais reste entière

Déployée au Liban-Sud depuis 1978, la Force intérimaire des Nations unies verra son mandat expirer le 31 décembre 2026, conformément à la résolution 2790 du Conseil de sécurité. Environ 7 500 Casques bleus y sont encore stationnés, dont le contingent français, présent sans interruption depuis la création de la force. Leur retrait progressif ouvre une période d'incertitude que Beyrouth redoute et que Paris veut cadrer.

Première ébauche de relais : à Luxembourg, les 12 et 13 octobre, l'Union européenne a adopté le principe d'une mission civilo-militaire d'appui aux forces de sécurité et à l'armée libanaises. Jean-Noël Barrot s'en est félicité, tout en précisant que cette mission n'a pas vocation à remplacer la FINUL, dont l'UE soutient par ailleurs la prorogation. Autrement dit, personne ne prétend aujourd'hui se substituer aux Casques bleus ; l'enjeu est de renforcer l'État libanais pour qu'il tienne seul son territoire.

Pour Beyrouth, la France comme point d'appui

Derrière la mécanique diplomatique, un calcul limpide côté libanais. Le monopole de la force sur l'ensemble du territoire est l'horizon que l'État affiche depuis l'arrivée de Joseph Aoun. Mais il ne l'atteindra pas si le Sud bascule dans l'anarchie sécuritaire au moment où l'ONU plie bagage. D'où l'importance d'un partenaire comme la France, qui dispose à la fois d'un siège permanent au Conseil de sécurité, d'un long historique de soutien à l'armée libanaise et d'une légitimité à parler du Liban sans être soupçonné d'arrière-pensées.

La réunion de Tampa dira si cette architecture tient. Le Liban y arrive avec des exigences précises et un allié qui a verrouillé, ce week-end, son rôle de garant. Reste l'inconnue de toute diplomatie de l'après-guerre : la volonté réelle des parties d'appliquer ce qui sera décidé.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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