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France–Liban· Décryptage

LEIC, le think tank franco-libanais qui veut peser sur la reconstruction du Liban

Fondé à Paris en 2017, le Lebanese Economic and International Council (LEIC) se présente comme un laboratoire d'idées indépendant, tourné vers l'expertise technique plutôt que le commentaire politique. Énergie offshore, fiscalité, gouvernance et lutte contre la corruption, intelligence artificielle : il ambitionne de peser sur les réformes d'un Liban en reconstruction.

Dans le paysage des cercles de réflexion consacrés au Liban, le LEIC (Lebanese Economic and International Council) occupe une place particulière : franco-libanais, basé à Paris, il revendique une approche d'expertise technique là où beaucoup s'en tiennent au commentaire d'actualité. Fondé en 2017, il se donne pour objet de « penser le Liban et le monde arabe avec rigueur, depuis Paris », en produisant des analyses stratégiques sur les grands dossiers de la reconstruction et de la gouvernance du pays.

Un laboratoire d'idées qui revendique son indépendance

Le LEIC place l'indépendance au cœur de son positionnement. Selon ses statuts, il n'accepte aucun financement émanant de gouvernements, de partis politiques ou d'intérêts privés en conflit avec ses sujets de recherche. Une condition qu'il présente comme le socle de sa crédibilité auprès des institutions qu'il cherche à influencer. Sa méthode affichée privilégie l'analyse technique appuyée sur des données primaires et des modèles quantitatifs, plutôt que la prise de position partisane. Le think tank publie en français, en anglais et en arabe, pour toucher aussi bien les décideurs européens que les acteurs institutionnels libanais et arabes.

Cinq axes, de l'énergie offshore à l'intelligence artificielle

Les travaux du LEIC se répartissent en cinq axes. L'énergie et les hydrocarbures d'abord, avec les blocs gaziers offshore libanais, le cadre fiscal des revenus pétroliers et la gouvernance d'un éventuel fonds souverain. L'économie et la fiscalité ensuite : réforme fiscale, reconstruction financière post-2019, conditions d'un accord avec le FMI, rôle de la diaspora comme levier d'investissement. La gouvernance institutionnelle constitue un troisième pilier, qui englobe la modernisation des institutions publiques, la lutte contre la corruption, la réforme électorale et le renforcement des organes de contrôle. S'y ajoutent l'intelligence artificielle appliquée aux économies arabes et la géopolitique régionale.

Gouvernance et lutte contre la corruption

C'est sur ce terrain de la gouvernance que le LEIC entend apporter une contribution la plus directe au débat libanais. Le think tank inscrit explicitement dans ses axes de recherche la lutte contre la corruption, la réforme des institutions et le renforcement des organes de contrôle, autant de chantiers considérés comme des conditions préalables au déblocage de l'aide internationale. Le LEIC se positionne ainsi comme un pourvoyeur d'expertise pour des réformes structurelles, en amont de la décision publique, sans se substituer aux acteurs politiques ou législatifs libanais.

Trois directeurs, trois expertises

La direction du LEIC réunit trois profils complémentaires. Nicolas Sarkis, spécialiste de l'économie pétrolière et gazière du Moyen-Orient, pilote l'axe énergie et hydrocarbures. Ahmad Chamseddine, expert en intelligence artificielle appliquée aux politiques publiques, dirige l'axe consacré à l'IA, à l'innovation et aux politiques publiques de reconstruction post-2026. Daniel Melhem, expert fiscaliste, travaille pour sa part sur la fiscalité de l'après-guerre et la reconstruction financière du pays. Le think tank annonce pour l'automne 2026 une série de rendez-vous, dont une conférence annuelle à Paris sur le thème « Le Liban à la croisée des chemins : énergie, reconstruction, institutions ».

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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