Passeports non biométriques : ce que les Libanais et la diaspora doivent anticiper avant octobre
Deux échéances administratives convergent. La Sûreté générale libanaise retire l'ancien passeport non biométrique, tandis que l'Europe déploie son nouveau contrôle biométrique aux frontières. Un voyageur muni du vieux modèle risque désormais le refus au départ de Beyrouth comme à l'entrée dans l'espace Schengen. Voici ce qui change, qui est concerné et quoi faire.
Un même document, deux frontières, un seul mot d'ordre : le passeport non biométrique vit ses derniers mois d'utilité. D'un côté, la Direction générale de la Sûreté générale libanaise engage le retrait de l'ancien modèle de passeport, celui dépourvu de puce électronique. De l'autre, l'Union européenne modernise ses contrôles aux frontières extérieures avec un système entièrement biométrique. Pour les Libanais du pays comme pour la diaspora, la conséquence est concrète : voyager avec le vieux passeport devient un pari perdant, au départ de Beyrouth comme à l'arrivée en Europe.
La thèse de ce guide est simple. Ce n'est pas une réforme lointaine ni une formalité optionnelle : c'est un calendrier administratif qui peut, faute d'anticipation, bloquer un départ ou faire capoter une demande de visa. Mieux vaut vérifier son passeport aujourd'hui que le découvrir périmé à l'aéroport.
Ce qui change au départ du Liban
Le Liban a lancé la délivrance de passeports biométriques en 2016. Depuis, chaque nouveau passeport intègre une puce électronique contenant les données d'état civil et biométriques du titulaire, conforme aux normes internationales de l'aviation civile. Les documents antérieurs, dits de l'ancien modèle, ne disposent pas de cette puce.
La Sûreté générale a engagé le retrait progressif de ces passeports non biométriques. Selon l'administration, à compter d'octobre 2026, ces documents ne seront plus acceptés pour quitter le territoire libanais. Autrement dit, un voyageur qui se présente au contrôle avec l'ancien modèle s'expose à un refus d'embarquement, quelle que soit la validité affichée sur son passeport.
Le message adressé aux ressortissants est donc double : d'abord vérifier la nature de son document, ensuite anticiper son renouvellement sans attendre la date butoir, sous peine d'engorger les guichets à la dernière minute.
Ce qui change à l'entrée en Europe
Le second changement vient de Bruxelles. Depuis le 12 octobre 2025, l'Union européenne déploie de façon progressive son système d'entrée/sortie, l'EES (Entry/Exit System). Ce dispositif enregistre électroniquement, à chaque franchissement d'une frontière extérieure de l'espace Schengen, l'identité des voyageurs non européens ainsi que leurs données biométriques : image faciale et empreintes digitales. Il remplace peu à peu le tampon manuel apposé sur le passeport.
Concrètement, l'EES suppose un passeport lisible en machine et conforme aux standards actuels. Pour les détenteurs de passeports libanais, cela renforce l'intérêt de disposer du modèle biométrique, seul aligné sur ces exigences.
Le signal le plus clair est venu du terrain consulaire. Le consulat de France au Liban a cessé d'accepter les passeports non biométriques pour l'instruction des demandes de visa Schengen. Un candidat au visa muni de l'ancien document se voit désormais invité à le renouveler au préalable. La règle vaut pour un motif touristique, familial, étudiant ou professionnel.
Qui est concerné
Trois profils sont particulièrement exposés. D'abord les membres de la diaspora qui n'ont pas voyagé depuis plusieurs années et conservent un passeport de l'ancien modèle encore valide sur le papier. Ensuite les familles avec enfants, dont les documents ont pu être établis avant 2016 ou lors de séjours prolongés à l'étranger. Enfin les binationaux qui utilisent leur passeport libanais pour entrer et sortir du Liban, obligation en vigueur pour les ressortissants.
Le point commun de ces situations : la validité résiduelle du passeport ne suffit plus. Un document non biométrique peut afficher plusieurs années d'échéance et rester inutilisable pour voyager une fois les nouvelles règles pleinement appliquées.
Quoi faire, concrètement
La première étape est un simple examen visuel. Un passeport biométrique porte, sur sa couverture, le pictogramme international de la puce électronique. En cas de doute, la mention et le format récent du document permettent de trancher, ou un passage au guichet de la Sûreté générale.
La deuxième étape est le renouvellement. Au Liban, la demande de passeport biométrique s'effectue auprès de la Direction générale de la Sûreté générale. Pour la diaspora, les ambassades et consulats du Liban à l'étranger assurent la délivrance et le renouvellement des passeports pour les ressortissants inscrits. Dans les deux cas, mieux vaut intégrer les délais d'instruction et de fabrication dans son calendrier de voyage, en particulier à l'approche des périodes de forte demande.
La règle à retenir tient en une phrase : avant de réserver un billet ou de déposer une demande de visa, on vérifie que son passeport est bien biométrique. C'est aujourd'hui la première condition d'un voyage sans mauvaise surprise, du comptoir d'enregistrement de Beyrouth jusqu'au poste-frontière européen.


