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France–Liban· Analyse

Après la FINUL : la France et l'Italie proposent une force de relève que le Liban appelle de ses vœux

Le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban s'achève le 31 décembre 2026. Pour éviter un vide sécuritaire dans le Sud, la France, deuxième contributeur européen avec quelque 750 soldats, porte avec l'Italie un projet de force internationale de relève. Beyrouth le soutient ; il se heurte encore à des réticences.

Matériel militaire français débarqué au port de Beyrouth pour l'opération Daman, dans le cadre de la FINUL.

Armée française / Licence Ouverte (defense.gouv.fr)

Au moment où la FINUL entre dans le compte à rebours de son retrait, la France n'est pas spectatrice : avec l'Italie, elle propose une force de relève pour que le départ des Casques bleus ne se traduise pas par un abandon du Liban-Sud. C'est l'un des dossiers les plus concrets de l'engagement français aux côtés du Liban.

Le calendrier est désormais fixé. En août 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2790, qui prolonge une dernière fois le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) jusqu'au 31 décembre 2026, avant un retrait échelonné de ses troupes jusqu'en 2027. Déployée depuis mars 1978 le long de la Ligne bleue, la Force compte aujourd'hui environ 7 500 Casques bleus, selon l'ONU.

La France, deuxième pilier européen de la Force

La contribution française n'a rien de symbolique. Dans le cadre de l'opération Daman, la France déploie quelque 750 militaires au Liban, répartis entre l'état-major de la FINUL, la réserve d'intervention du commandant de la Force (Force Commander Reserve) et la cellule de liaison, selon le ministère français des Armées. Avec le contingent italien, il s'agit de l'un des deux principaux apports européens à la mission. Ce poids sur le terrain confère à Paris une voix qui pèse sur l'avenir du dispositif.

Un projet de relève franco-italien

Face à l'échéance de fin 2026, la France et l'Italie ont proposé en juin 2026 la création d'une coalition internationale, à dominante européenne, destinée à prendre le relais de la FINUL aux côtés de l'armée libanaise. L'objectif affiché : maintenir une présence internationale dans le Sud pour éviter un vide sécuritaire. Le président libanais Joseph Aoun a porté ce dossier à Rome le 20 août 2026, lors d'entretiens avec le président italien Sergio Mattarella et la présidente du Conseil Giorgia Meloni.

Du côté libanais, la préférence va d'abord au maintien de la FINUL elle-même : en juillet 2026, 86 députés ont adressé une lettre au Conseil de sécurité pour demander la prolongation de la mission, et Joseph Aoun a réaffirmé que cette option restait la sienne. À défaut, la force de relève franco-italienne apparaît comme le plan que Beyrouth soutient.

Des obstacles encore à lever

Le projet n'est pas acquis. La mise sur pied d'une force internationale renforcée dans le Sud se heurte, en l'état, à des réticences israéliennes et américaines. Le contexte reste par ailleurs tendu : l'armée israélienne poursuit des opérations au Liban-Sud, ce qui nourrit à Beyrouth la crainte d'un vide sécuritaire en cas de départ des Casques bleus. Human Rights Watch a elle aussi plaidé, à la mi-août 2026, pour le maintien d'une force internationale afin de protéger les civils.

Ce que la France joue au Liban

Pour Paris, l'enjeu dépasse la seule FINUL. La présence militaire française au Liban est l'un des marqueurs les plus visibles d'une relation bilatérale ancienne, adossée à des liens humains, culturels et diplomatiques. En portant, avec Rome, un projet de relève, la France cherche à préserver un rôle de garant aux côtés d'un Liban qui réclame une protection internationale de sa souveraineté dans le Sud. La suite se jouera au Conseil de sécurité et dans les capitales, d'ici la fin de l'année.

FINULFrance-LibanDéfenseDiplomatieLiban-Sud
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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