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France–Liban· Décryptage

Au Conseil de sécurité, la France a fait du Liban sa priorité pour préparer l'après-FINUL

Présidente du Conseil de sécurité de l'ONU en septembre 2026 et porte-plume de la résolution qui prolonge une dernière fois la FINUL, la France a érigé le soutien au Liban en axe d'action prioritaire. Enjeu du mois: dessiner ce qui succédera aux Casques bleus avant le 31 décembre.

La salle du Conseil de sécurité des Nations unies, au siège de l'ONU à New York.

James Forrester (Jdforrester), CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Quand un pays préside le Conseil de sécurité des Nations unies, il choisit ce dont le monde parlera pendant un mois. En septembre 2026, la France a placé le Liban en haut de sa liste. Ce n'est pas un hasard de calendrier: c'est un choix diplomatique, et il tombe au moment le plus délicat pour le Liban-Sud depuis la guerre de 2024.

La présidence du Conseil de sécurité tourne chaque mois entre les quinze membres, dans l'ordre alphabétique anglais. En septembre, la France a succédé au Danemark et précédé la Grèce. Un mois de pouvoir procédural: fixer l'ordre du jour, convoquer les réunions, tenir la plume des textes. Paris a décidé d'en faire un levier pour Beyrouth.

Un axe libanais assumé

Devant la presse, le représentant permanent de la France à l'ONU, Jérôme Bonnafont, a décrit le soutien au Liban comme un axe d'action prioritaire de la présidence française. Selon le programme présenté au Conseil, la France a annoncé des discussions avec l'ensemble des membres, avec les pays contributeurs de troupes et avec les États de la région pour construire, selon ses propres termes, ce qui doit succéder à la présence onusienne sous sa forme actuelle.

La formule est prudente, mais l'intention est claire: la France ne veut pas que le départ des Casques bleus se traduise par un abandon. Pour un média qui regarde d'abord l'intérêt libanais, la nuance compte. Le Liban-Sud n'a pas besoin d'un simple retrait ordonné; il a besoin qu'un cadre international continue de protéger sa souveraineté sur son propre territoire.

Porte-plume de la résolution 2790

Ce rôle de chef de file n'est pas nouveau. C'est la France qui a rédigé la résolution 2790, adoptée à l'unanimité le 28 août 2025. Ce texte prolonge le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban une dernière fois, jusqu'au 31 décembre 2026. À partir de cette date, la FINUL entamera un retrait étalé, pour un départ complet prévu fin 2027.

Autrement dit, la France a écrit le calendrier de sortie, et elle se retrouve, un an plus tard, à la tête du Conseil au moment où il faut préparer l'après. La cohérence est réelle: Paris assume la responsabilité de ce qu'il a lui-même mis en mouvement.

L'après-FINUL, la vraie bataille

Déployée au Liban-Sud depuis 1978, la FINUL est bien plus qu'une force d'observation. Ses quelque dix mille Casques bleus, dont un contingent français engagé au titre de l'opération Daman, servent de témoin international et de tampon le long de la Ligne bleue. Leur départ laisse une question sans réponse: qui documentera les violations, qui accompagnera le déploiement de l'armée libanaise, qui empêchera que le vide ne soit comblé par la force?

Le sujet est brûlant. Israël, qui poursuit des frappes et des incursions au Liban-Sud, a fait savoir qu'il refusait toute force internationale de remplacement. Beyrouth, de son côté, mise sur la montée en puissance de sa propre armée comme seule institution légitime à tenir le terrain. Entre ces deux positions, la France cherche une architecture qui ne sacrifie ni la souveraineté libanaise ni la stabilité régionale.

Ce que le Liban attend de Paris

Pour le Liban, la présidence française n'a de valeur que si elle produit du concret: un mécanisme de relais crédible, un soutien maintenu à l'armée libanaise, et une pression diplomatique pour que le retrait israélien du territoire libanais devienne enfin effectif. Emmanuel Macron a reçu ces dernières semaines le président libanais Joseph Aoun pour préparer précisément ce soutien international au déploiement des forces libanaises.

Le mois de présidence s'achève, mais l'échéance, elle, reste fixée au 31 décembre. C'est d'ici là que se jouera la capacité de la France à transformer un axe prioritaire affiché en garantie réelle pour le Sud. Le Liban jugera Paris sur ce résultat, pas sur les intentions.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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