Six fausses plateformes d'investissement : l'alerte des Forces de sécurité intérieure aux Libanais
La Direction générale des Forces de sécurité intérieure a mis en garde, le 29 septembre 2026, contre six sites d'investissement frauduleux pilotés par un même réseau international, déjà responsable de pertes de plusieurs millions de dollars. Dans un pays où la crise bancaire pousse les épargnants à chercher ailleurs, l'arnaque en ligne est devenue une menace de masse.
Un simple caractère de différence dans une adresse web, et l'épargne d'une vie s'évapore. Le 29 septembre 2026, la Direction générale des Forces de sécurité intérieure libanaises a publié une mise en garde sans ambiguïté : six plateformes d'investissement et de trading en ligne sont des faux, conçus pour siphonner l'argent de leurs utilisateurs. Selon les enquêteurs, ces sites appartiennent à un même réseau d'escroquerie international et ont déjà provoqué des pertes chiffrées en millions de dollars. Dans un Liban où la défiance envers les banques est devenue un réflexe, l'avertissement vise une plaie bien réelle.
Ce qu'ont annoncé les Forces de sécurité intérieure
Dans un communiqué diffusé le mardi 29 septembre, la Direction générale explique que les investigations de sa division du renseignement ont mis au jour six sites frauduleux qui imitent les noms et les logos de sociétés d'investissement authentiques pour appâter les internautes et détourner leurs fonds. La technique repose sur un détail presque invisible : l'adresse du faux site ne diffère parfois de celle de la plateforme officielle que d'une seule lettre, alors que le nom et le design sont, eux, quasi identiques.
Les forces de l'ordre insistent sur un point : l'alerte concerne les sites imitateurs, et non les sociétés réelles dont l'identité a été usurpée. Toute personne ayant ouvert un compte via l'une de ces adresses frauduleuses est invitée à cesser immédiatement toute opération et à clôturer le compte. Les victimes sont appelées à contacter la ligne d'urgence de la division du renseignement, le 1788, afin de transmettre les informations utiles à l'enquête, toujours en cours.
La Direction générale indique par ailleurs poursuivre ses investigations, sur instruction de la justice compétente, contre plusieurs intermédiaires soupçonnés de vendre ou de louer des comptes financiers électroniques utilisés dans ces montages.
Pourquoi les Libanais sont des cibles de choix
La vulnérabilité n'a rien d'un hasard. Depuis l'effondrement financier de l'automne 2019, une large partie des déposants libanais s'est retrouvée privée d'accès à ses économies, prisonnière de restrictions bancaires informelles et d'une monnaie nationale laminée. La confiance dans le système bancaire traditionnel s'est brisée, et beaucoup cherchent désormais à placer ce qui leur reste ailleurs : en dollars, à l'étranger, sur des plateformes numériques promettant des rendements rapides.
C'est précisément ce terrain que les réseaux d'escroquerie exploitent. Des promesses de gains élevés, une interface qui copie celle d'acteurs connus, un discours de placement sécurisé : le piège se referme sur des épargnants déjà échaudés par la crise, et sur une diaspora soucieuse de faire fructifier l'argent envoyé au pays. L'arnaque à l'investissement en ligne n'est plus un fait divers isolé ; elle prospère sur une détresse financière collective.
Comment se protéger
Les recommandations des Forces de sécurité intérieure tiennent en quelques réflexes simples, mais décisifs. Avant de créer un compte ou de transférer de l'argent, il faut vérifier l'adresse du site lettre par lettre, sans se fier au seul logo ou à l'allure générale de la page. Il convient de s'assurer du nom exact de la société, de son site officiel et de l'identité du destinataire réel du virement.
Les applications doivent être téléchargées uniquement depuis l'App Store ou Google Play, jamais via un lien reçu sur WhatsApp ou les réseaux sociaux, principal vecteur de ces campagnes. La Direction générale met enfin en garde contre une pratique en apparence anodine : vendre, louer ou prêter son compte financier. Ces comptes servent souvent de relais aux escrocs et exposent leurs titulaires à des poursuites judiciaires.
Face à une fraude qui se nourrit de la crise, l'information reste la meilleure défense. Rappeler ces règles, c'est protéger l'épargne de citoyens et d'expatriés qui n'ont, pour beaucoup, plus grand-chose à perdre.

