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L'armée israélienne arrache et vole les oliviers centenaires du Liban-Sud jusqu'à Zawtar, village pilote de l'accord

Le ministre libanais de l'Agriculture affirme que plus de 70 000 oliviers anciens ont été déracinés au Liban-Sud, certains enterrés, d'autres volés et transférés en territoire occupé. Le phénomène atteint désormais des villages au nord du Litani, comme Zawtar, où les habitants ne comprennent pas pourquoi des parcelles sans caractère militaire sont visées.

Oliveraie rasée jusqu'à la terre nue au Liban-Sud, en zone résidentielle

Geo Intelligence, 20 juillet 2026

Au Liban-Sud, la destruction des oliviers est devenue l'un des marqueurs les plus visibles de la période qui a suivi le cessez-le-feu de novembre 2024. Les autorités libanaises vont plus loin qu'un simple constat de dégâts : elles accusent l'armée israélienne d'avoir déraciné, enterré et, dans certains cas, volé des arbres centenaires pour les transférer de l'autre côté de la frontière. Une accusation qui touche désormais des villages situés au nord du Litani, dont Zawtar, l'un des secteurs concernés par la mise en œuvre de l'accord porté par le président Joseph Aoun.

Ce que disent les autorités libanaises

Le ministre libanais de l'Agriculture, Nizar Hani, a chiffré et qualifié ces destructions. Selon ses déclarations, plus de 70 000 oliviers anciens ont été déracinés dans les zones frontalières du Sud. Le ministre affirme qu'une partie de ces arbres a été enterrée sur place, et qu'une autre a été volée et transférée en territoire occupé. Il évalue par ailleurs à environ 22,5 % la part des terres agricoles endommagées dans le Sud, pour des pertes initiales estimées autour de 800 millions de dollars.

Ces déclarations rejoignent de nombreux témoignages d'habitants revenus sur leurs terres après le retrait partiel des forces israéliennes, qui décrivent des vergers rasés, des sols retournés par les bulldozers et des oliviers parfois vieux de plusieurs siècles arrachés. La dernière photographie aérienne prise par Geo Intelligence le 20 juillet 2026 corrobore ces récits : elle montre une oliveraie rasée jusqu'à la terre nue, en pleine zone résidentielle.

Zawtar, un village de la zone pilote

Le cas de Zawtar illustre le glissement de ces opérations vers le nord. Longtemps concentrées sur la bande frontalière immédiate, les incursions israéliennes ont franchi le Litani au printemps 2026 pour atteindre les abords des localités de Zawtar. Le village figure aujourd'hui parmi les zones pilotes où, selon le cadre trilatéral supervisé par les États-Unis, l'armée libanaise doit se déployer à mesure que les troupes israéliennes se retirent.

Zawtar (Liban-Sud), vue satellite des oliviers et parcelles agricoles avant le dernier accord-cadre
Zawtar (Liban-Sud) : les oliviers et parcelles agricoles avant le dernier accord-cadre. Source : Google Maps.

C'est précisément ce qui nourrit l'incompréhension des habitants : des parcelles agricoles sans caractère militaire, éloignées de toute position combattante, ont été visées. Pour de nombreux résidents, rien ne justifie que des oliviers pluricentenaires, sans lien avec une infrastructure armée, aient été détruits ou emportés. La question qu'ils posent est simple et reste sans réponse claire : pourquoi des arbres de trois cents ans ?

Un patrimoine autant qu'une ressource

Au Liban-Sud, l'olivier n'est pas seulement une source de revenus. C'est un patrimoine familial transmis sur plusieurs générations, un repère identitaire et un pilier de l'économie rurale. La disparition d'arbres centenaires efface un capital agricole que des décennies ne suffiront pas à reconstituer, et avec lui une part de la mémoire des villages. Les organisations agricoles locales soulignent qu'un olivier mature ne se remplace pas : il faut des générations pour qu'un plant retrouve un rendement comparable.

Ce que dit le droit international

Israël justifie ses opérations dans le Sud par des impératifs de sécurité et la création d'une zone tampon le long de la frontière, invoquant la présence du Hezbollah. Mais aucune de ces raisons ne couvre, en droit international, la destruction et l'appropriation de vergers civils. La destruction de biens qui n'est pas justifiée par une nécessité militaire impérieuse est prohibée par l'article 53 de la IVe Convention de Genève, et le pillage est interdit en toutes circonstances par son article 33. Déraciner des oliviers pluricentenaires situés à l'écart de toute position combattante, puis les transférer de l'autre côté de la frontière, n'entre dans aucune de ces exceptions : ces actes constituent une violation du droit international humanitaire. À ce jour, l'armée israélienne n'a présenté aucune preuve justifiant ces agissements dans ces zones agricoles sans caractère militaire. Le contentieux s'inscrit dans le cadre plus large de l'application de la résolution 1701 des Nations unies, au cœur du déplacement de Joseph Aoun à Washington.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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