Paris et Riyad gravent dans une déclaration commune le retrait israélien de tout le territoire libanais
Dans leur déclaration conjointe du 25 août, la France et l'Arabie saoudite réclament la souveraineté du Liban, le soutien à son armée et le retrait israélien de l'ensemble du territoire. Un socle diplomatique qui sert directement l'intérêt national libanais.
AlSepPhoenix / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
En recevant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Paris et Riyad ont fait plus qu'afficher un partenariat stratégique. Ils ont inscrit noir sur blanc, dans une déclaration conjointe publiée le 25 août par l'Élysée, une feuille de route pour le Liban qui épouse point par point l'intérêt national du pays : souveraineté, intégrité territoriale, soutien à l'armée et, mot pour mot, retrait israélien de l'ensemble du territoire libanais. Pour Beyrouth, voir la France, ancienne puissance mandataire et parrain historique, et l'Arabie saoudite, premier bailleur du Golfe, aligner leur position dans un même document n'a rien d'anodin.
Un paragraphe entier consacré au Liban
Le texte, adopté à l'issue de la rencontre entre Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien le 24 août 2026, réserve au Liban un développement précis. Les deux dirigeants disent vouloir « intensifier leurs efforts en vue d'un règlement définitif du conflit au Liban », un règlement qui « doit passer par le renforcement de l'État libanais et de ses institutions, ainsi que par la préservation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban », selon le communiqué de l'Élysée.
Paris et Riyad saluent nommément « les mesures prises » par le président Joseph Aoun et par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam pour reconstruire les institutions de l'État et étendre son autorité. Une manière d'adosser la légitimité internationale au pouvoir légal libanais, à l'heure où celui-ci cherche à réaffirmer son monopole sur la décision et sur les armes.
Le retrait israélien, écrit noir sur blanc
C'est la phrase que Beyrouth attendait de voir figurer dans un document signé par deux poids lourds. Les deux pays « soulignent la nécessité qu'Israël se retire de l'ensemble du territoire libanais », lit-on dans la déclaration. La formule est sans ambiguïté : elle vise la totalité des positions encore occupées, et non un retrait partiel négociable.
Le communiqué lie ce retrait à « la pleine application de la résolution 1701 » du Conseil de sécurité des Nations unies et à l'achèvement du « désarmement de tous les groupes armés non étatiques ». La France et l'Arabie saoudite renvoient ainsi dos à dos les deux volets du dossier sécuritaire, tout en plaçant la souveraineté de l'État libanais au centre de l'équation.
Un soutien réaffirmé à l'armée
Les deux capitales « réaffirment leur engagement à soutenir les forces armées et les forces de sécurité libanaises », afin de leur permettre « d'assumer pleinement leurs responsabilités nationales ». Ce soutien n'est pas une pétition de principe : Paris et Riyad doivent co-organiser une conférence internationale de soutien à l'armée libanaise, dont la tenue est désormais fixée au 17 septembre à Paris, après un premier report lié à l'escalade régionale du printemps.
L'armée reste, aux yeux des partenaires occidentaux et du Golfe, l'institution par laquelle l'État libanais peut reprendre la main sur son territoire. La renforcer, c'est armer la thèse d'un Liban souverain capable d'assurer seul sa défense, condition posée à tout retrait durable des forces étrangères.
Un partenariat qui pèse
Ce volet libanais s'inscrit dans une relation franco-saoudienne relancée. La rencontre du 24 août a donné lieu à la première réunion du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, à l'occasion du centenaire de l'établissement des relations politiques entre les deux pays. Les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint environ 11,8 milliards de dollars en 2025, selon l'Élysée, et la France figure parmi les premiers investisseurs dans le royaume.
Pour le Liban, l'essentiel est ailleurs : deux acteurs capables de peser sur les équilibres régionaux ont choisi de faire de la souveraineté libanaise et du retrait israélien une position commune, publique et datée. Reste à transformer les mots de la déclaration en actes sur le terrain, à commencer par la conférence de Paris du 17 septembre.


