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Tech· Décryptage

La tech libanaise : un écosystème résilient malgré la crise

Effondrement bancaire, coupures d'électricité, exil des talents : rien n'a été épargné à la scène technologique libanaise. Et pourtant, de Beyrouth à la diaspora, des startups continuent de naître, de lever des fonds et, parfois, de conquérir le monde. Tour d'horizon d'un écosystème qui refuse de mourir.

Le Beirut Digital District, quartier dédié à l'économie numérique à Beyrouth

ElyssaRym / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

On n'attend pas d'un pays en pleine débâcle financière qu'il produise des entreprises technologiques de rang mondial. Le Liban le fait quand même. Derrière les images de crise, il existe une scène tech tenace, portée par une matière première que ni l'effondrement ni les coupures d'électricité n'ont détruite : le cerveau de ses ingénieurs. Cet article inaugure notre rubrique Tech.

Un capital humain intact

La force du Liban, c'est son école. Les universités du pays, de l'AUB à l'USJ en passant par la LAU, forment depuis des décennies des ingénieurs, des développeurs et des designers dont la réputation dépasse les frontières. Cette densité de talents explique qu'à chaque vague de départs, une partie essaime dans les grands hubs technologiques du Golfe, d'Europe et d'Amérique du Nord, tout en gardant un lien avec le pays. La diaspora tech est ainsi devenue un réseau d'influence et de financement précieux.

Des structures qui tiennent bon

L'écosystème n'est pas parti de rien. Depuis près de vingt ans, des acteurs comme Berytech, incubateur et accélérateur beyrouthin, accompagnent la création de startups et de PME innovantes. Le Beirut Digital District, quartier dédié à l'économie numérique, a cherché à concentrer en un même lieu entreprises, espaces de travail et talents. Même diminués par la crise, ces piliers continuent de servir de point d'ancrage à une génération d'entrepreneurs qui apprend à bâtir dans l'adversité.

Des réussites qui comptent

La vitrine la plus éclatante s'appelle Anghami. Cette plateforme de streaming musical pensée pour le monde arabe, née à Beyrouth, est devenue en 2022 la première entreprise technologique arabe cotée au Nasdaq. Nous lui consacrons un portrait dédié. D'autres pépites d'origine libanaise se sont fait un nom à l'international, à l'image de Proximie, plateforme de téléprésence chirurgicale cofondée par la chirurgienne d'origine libanaise Nadine Hachach-Haram, qui a levé plusieurs dizaines de millions de dollars auprès d'investisseurs internationaux.

Les obstacles, immenses

Il ne faut rien enjoliver. Bâtir une startup au Liban, c'est composer avec un secteur bancaire paralysé, des transferts d'argent compliqués, une électricité intermittente et une fuite continue des compétences. Beaucoup d'entrepreneurs finissent par domicilier leur société à l'étranger, à Dubaï, à Paris ou à Londres, tout en gardant une équipe technique au pays. Cette organisation hybride est devenue la norme de survie.

Un pari sur l'avenir

La tech est peut-être l'un des rares secteurs par lesquels le Liban peut se réinventer : peu gourmand en capital physique, mondial par nature, adossé à une diaspora connectée. Encore faut-il un cadre, un financement et une électricité fiables. LibanInfo suivra cette scène de près, entre Beyrouth et la diaspora, parce qu'elle raconte un Liban qui, malgré tout, continue de créer.

TechStartupsBeyrouthInnovationDiaspora
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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