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Tech· Innovation

IA : un entrepreneur libanais lance Fares, présenté comme le premier agent personnel arabophone

Alors que 2026 s'impose comme l'année des agents d'intelligence artificielle, un nom arabe entre dans la course. Fares, développé par la société ThalerTech du Libanais Ahmad Chamseddine via la plateforme ArabClaw, se présente comme le premier assistant IA personnel pensé pour les arabophones.

Fares, l'assistant d'intelligence artificielle personnel d'ArabClaw sur Telegram

ArabClaw / ThalerTech

Pendant des années, l'intelligence artificielle s'est résumée, pour l'utilisateur arabophone, à un « chatbot » qui répond à une question puis oublie son interlocuteur. La vague qui s'impose en 2026 est d'une autre nature : celle des agents d'intelligence artificielle, des programmes qui ne se contentent plus de répondre, mais qui mémorisent, prennent l'initiative et exécutent des tâches à la place de leur propriétaire. C'est dans ce basculement qu'un nom arabe apparaît : Fares, présenté comme le premier agent d'IA personnel arabophone.

Un agent, pas un chatbot

La distinction n'est pas cosmétique. Un chatbot classique reçoit une question et renvoie une réponse ; la tâche s'arrête là, sans mémoire d'une conversation à l'autre. Un agent, lui, se définit par trois capacités, selon la présentation de l'éditeur : la mémoire, qui lui fait retenir préférences, contacts et contexte ; l'initiative, qui l'amène à relancer et suggérer sans qu'on le lui demande ; et l'exécution, qui lui permet d'accomplir des tâches en plusieurs étapes à l'aide d'outils réels, de l'envoi d'un rappel au tri d'une boîte mail. C'est cette bascule qui fait dire aux observateurs du secteur que 2026 sera « l'année des agents ».

Le pari arabophone

L'argument central de Fares tient à une lacune : selon ses concepteurs, quelque 400 millions de locuteurs arabophones sont restés en marge de ces outils, faute d'une barrière linguistique levée ou d'un service pensé pour leur contexte. Là où les assistants dominants raisonnent d'abord en anglais, Fares revendique une conception arabophone native. L'enjeu dépasse le confort d'usage : il touche à une forme de souveraineté numérique, la capacité d'un espace linguistique à disposer de ses propres outils plutôt que de dépendre entièrement de plateformes conçues ailleurs.

Comment ça fonctionne

Le parti pris technique est celui de la simplicité. L'assistant ne vit pas dans une nouvelle application à installer, mais à l'intérieur du compte Telegram que l'utilisateur possède déjà. La mise en route tient, d'après le site officiel, en trois étapes et environ deux minutes : créer un bot via l'outil BotFather de Telegram, coller la clé obtenue dans Fares, puis dialoguer avec l'assistant, à l'écrit ou à la voix. Chacun choisit le nom, l'image et la personnalité de son agent, qui n'est pas un assistant générique partagé mais un bot propre à l'utilisateur.

Fares met en avant cinq piliers : un bot personnel plutôt qu'un service mutualisé ; une mémoire de long terme ; la compréhension des messages vocaux ; une connexion à plus de 120 applications, de Gmail et Google Agenda à Notion, Slack ou WhatsApp Business ; et une exécution autonome de tâches répétitives, y compris des synthèses matinales envoyées sans sollicitation. Sur le terrain sensible des données, l'éditeur affirme un principe clair : chaque assistant fonctionne dans un espace isolé, les données sont hébergées en Europe, ne servent pas à entraîner les modèles, et restent exportables ou supprimables à tout moment. L'ensemble repose sur une base technologique open source, présentée comme un gage de transparence face aux systèmes fermés.

Un modèle par abonnement

Fares est proposé avec un essai gratuit de sept jours, sans carte bancaire, suivi de formules mensuelles échelonnées selon le volume de tâches : une offre d'entrée à 10,80 dollars par mois, une formule intermédiaire à 34,80 dollars donnant accès au modèle avancé et aux intégrations, et une offre pour équipes à 94,80 dollars. Le positionnement vise autant l'entrepreneur et l'indépendant que l'usage domestique, chaque profil déléguant à l'agent les tâches chronophages de son quotidien.

Avant Fares, il y a eu Nino

Fares n'est pas un coup d'essai. Avant de viser le monde arabophone, l'éditeur a d'abord lancé Nino, un agent personnel jumeau destiné au marché francophone et africain. Même principe, même base technologique open source : un assistant qui vit dans le compte Telegram de l'utilisateur, se configure en deux minutes, garde en mémoire, agit de lui-même et se connecte à plus de 120 applications. Les tarifs y sont libellés en euros, de 9 à 79 euros par mois selon le volume de tâches. Fares en est la déclinaison arabophone : une même architecture pensée pour être adaptée marché par marché, du public francophone d'Afrique et d'Europe au monde arabe.

Ce que cela dit de la tech libanaise

Au-delà du produit, le signal est notable pour la scène technologique libanaise. Fares est porté par ThalerTech, société fondée par le serial entrepreneur franco-libanais Ahmad Chamseddine, et diffusé via ArabClaw, présentée comme la référence arabe du projet open source OpenClaw. Un Libanais qui construit, d'abord pour le marché francophone et africain avec Nino puis pour le monde arabe avec Fares, une gamme d'outils d'IA destinée à des centaines de millions d'utilisateurs s'inscrit dans une tradition d'essaimage entrepreneurial de la diaspora, transposée cette fois au terrain de l'intelligence artificielle. Reste que le titre de « premier agent IA arabophone » relève, à ce stade, de la revendication de l'éditeur : il traduit une ambition et une antériorité affichée, que le marché et les usages viendront confirmer ou nuancer.

TechIntelligence artificielleDiasporaInnovation
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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