Un banquier libanais a coorganisé un dîner avec Netanyahou à Washington
Antoun Sehnaoui, figure de la banque libanaise, a coorganisé le 27 juillet à Washington un dîner en hommage au sénateur Lindsey Graham auquel participait le Premier ministre israélien. Dans un pays en état de guerre avec Israël, l'image a déclenché une vive polémique.
La scène a fait le tour des réseaux libanais en quelques heures. Antoun Sehnaoui, l'une des figures les plus en vue du monde bancaire libanais, a coorganisé le 27 juillet à Washington un dîner auquel participait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Dans un pays techniquement en état de guerre avec Israël et dont la loi interdit tout contact avec l'État hébreu, l'image a immédiatement déclenché la polémique.
Ce que l'on sait du dîner
Le dîner s'est tenu au Four Seasons de Washington, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé subitement à 71 ans. Selon le journaliste israélien Barak Ravid, la soirée était coorganisée par Antoun Sehnaoui et l'émissaire américaine Morgan Ortagus.
Outre Benjamin Netanyahou et son épouse Sara, l'événement a réuni une large délégation bipartisane du Congrès américain, des proches de Donald Trump et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter. La présence d'un homme d'affaires libanais au cœur de ce cercle, à quelques places du chef du gouvernement israélien, est ce qui a retenu l'attention à Beyrouth.
Qui est Antoun Sehnaoui
Antoun Sehnaoui est un banquier et homme d'affaires libanais, figure connue de la place financière de Beyrouth. Il a par le passé fait l'objet d'accusations de corruption et ses positions jugées favorables à Israël en font une personnalité controversée au Liban. LibanInfo n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante ces accusations, qu'il convient d'attribuer à ceux qui les portent.
Pourquoi la scène choque au Liban
Le Liban et Israël n'ont jamais signé de traité de paix et demeurent, en droit, en état de guerre. La loi libanaise de boycott d'Israël, en vigueur depuis 1955, interdit aux ressortissants libanais tout contact ou transaction avec l'État hébreu et ses responsables. Dans ce cadre, l'apparition d'un citoyen libanais aux côtés du Premier ministre israélien est perçue comme la transgression d'un interdit fondamental.
Le contexte aggrave le malaise. L'armée israélienne poursuit ses frappes sur le Sud-Liban, où LibanInfo a documenté des destructions dans les villages proches de la frontière. Pour une large part de l'opinion libanaise, la photographie de Washington est apparue en décalage total avec la réalité vécue dans le pays.
Une polémique qui enfle
La controverse a rapidement enflé sur les réseaux sociaux libanais avant d'être relayée par plusieurs médias. À ce stade, l'intéressé ne s'est pas exprimé publiquement sur sa participation à la soirée.
Au-delà du cas personnel, l'affaire ravive un débat de fond sur les lignes rouges de la vie publique libanaise et sur la place des grandes fortunes du pays dans les réseaux diplomatiques américains, à un moment où le Liban cherche à préserver sa souveraineté.

