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Négociations Liban-Israël : une huitième réunion en suspens, Beyrouth pose ses conditions

Le principe d'un huitième cycle de pourparlers directs sous médiation américaine est acquis, mais ni la date ni le lieu ne sont fixés. Beyrouth conditionne toute avancée au retrait israélien du sud, pendant que Washington accentue sa pression sur le désarmement du Hezbollah.

Session de pourparlers de niveau technique entre Israël et le Liban sous médiation américaine

U.S. Department of State, domaine public

Une huitième réunion, mais quand ? Le prochain cycle de pourparlers directs entre le Liban et Israël, sous médiation américaine, est présenté comme la suite logique du processus ouvert cette année. Son principe est désormais acquis, mais à ce jour aucune date ni aucun lieu n'ont été arrêtés. Rome, qui a déjà accueilli des sessions, est de nouveau évoquée comme cadre possible. Derrière ce calendrier flottant se joue un bras de fer où Beyrouth s'efforce de ne pas négocier sous la contrainte.

Ce que veut Beyrouth : le retrait d'abord

Le président Joseph Aoun a fixé le cap sans ambiguïté. Dans un entretien accordé à l'AFP, le chef de l'État libanais a dit rechercher un accord sécuritaire avec Israël, en le décrivant comme un objectif d'abord national. Mais il a posé une condition qui structure toute la position libanaise : cet accord ne peut venir qu'après le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, pas avant. La logique est celle de la simultanéité inversée. Le Liban affirme avoir pris la décision de renforcer l'autorité de l'État et de confier la protection du territoire à ses seules institutions militaires et sécuritaires ; en retour, il attend le départ de l'occupant et l'arrêt des frappes.

Cette séquence n'est pas un détail de procédure. Elle protège la souveraineté libanaise contre une négociation menée le couteau sous la gorge, alors que l'armée israélienne maintient des positions à l'intérieur du territoire et poursuit ses opérations. Négocier un cadre sécuritaire pérenne tant que dure l'occupation reviendrait, pour Beyrouth, à entériner un rapport de force défavorable.

La pression de Washington

Face à cette prudence, l'administration américaine hausse le ton. Washington presse Beyrouth sur trois fronts liés : le monopole des armes aux mains de l'État, le déploiement de l'armée libanaise jusqu'à la frontière, et la poursuite des négociations avec Israël. L'émissaire américaine Morgan Ortagus, qui pilote le dossier, a résumé l'incertitude ambiante en refusant de fixer un horizon : les pourparlers, a-t-elle expliqué, ne sont pas un match dont on connaîtrait le coup de sifflet final.

Le poids de cette pression n'est pas neutre. Les États-Unis sont à la fois le médiateur du processus et un acteur qui, au Conseil de sécurité, s'oppose à la prolongation de la FINUL, comme nous l'avons analysé dans notre décryptage sur le vide sécuritaire qui menace le Liban-Sud. Beyrouth se retrouve donc à discuter avec un parrain qui tient plusieurs des leviers de son avenir immédiat.

Où ça bloque

Le blocage n'est pas nouveau. L'accord-cadre conclu en juin a commencé à se fissurer quelques semaines après sa signature, notamment après l'échec des discussions de Rome sur l'extension des zones dites pilotes, ces secteurs du sud dont l'armée israélienne doit se retirer et que l'armée libanaise doit reprendre en main. Sans accord sur ce périmètre, la mécanique du retrait échelonné reste grippée.

Le risque, pour le Liban, est double : celui d'une huitième réunion convoquée pour la forme, sans avancée concrète sur le retrait, et celui d'une transformation des gains militaires israéliens en une nouvelle frontière de fait. C'est précisément ce que la diplomatie libanaise cherche à éviter en refusant de dissocier la table des négociations du calendrier de retrait sur le terrain.

Un rendez-vous qui n'en est pas encore un

À ce stade, la huitième réunion tient donc davantage de l'intention affichée que de l'échéance datée. Beyrouth ne ferme pas la porte au dialogue, mais refuse d'y entrer sans garanties. La position libanaise se résume à une exigence de cohérence : on ne négocie pas la sécurité d'une frontière pendant que l'autre partie l'occupe. Tant que cette équation ne sera pas résolue, chaque annonce de reprise des pourparlers restera suspendue au bon vouloir d'acteurs qui n'ont, pour l'heure, pas montré d'empressement à rendre au Liban son sud.

Liban-IsraëlNégociationsSouverainetéLiban-SudÉtats-Unis
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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