Dans la Bekaa, l'armée libanaise intensifie sa traque des trafics
Perquisitions, arrestations et saisies d'armes et de drogue: les communiqués du Commandement de l'armée se multiplient dans la Bekaa et à Baalbek. Une campagne qui dépasse le bilan sécuritaire et touche à la souveraineté de l'État.
L'armée libanaise intensifie ses opérations dans la Bekaa et à Baalbek contre le trafic d'armes et de drogue. Ces dernières semaines, les communiqués officiels du Commandement se sont multipliés, témoignant d'un effort soutenu de l'État pour réaffirmer son autorité dans une région longtemps réputée difficile à contrôler.
Une campagne soutenue
Le 17 juillet, le Commandement de l'armée a annoncé de vastes opérations de sécurité menées dans plusieurs régions du pays. Dans la Bekaa, aux barrages de Majdaloun et Hrabta puis à Ras El Aïn, près de Baalbek, plusieurs personnes ont été arrêtées pour tirs d'armes à feu et possession de haschisch, de comprimés de Captagon et d'une arme militaire. Au total, l'opération nationale a conduit à l'arrestation de huit Libanais et de deux Syriens.
Le 8 juillet, une unité avait déjà perquisitionné le domicile d'un homme à Souwairi, dans la Bekaa, et l'avait arrêté pour trafic d'armes militaires, saisissant armes, munitions et équipements.
Le Captagon, cible récurrente
Les saisies de Captagon, cette amphétamine de synthèse dont la région est un point de production et de transit, reviennent régulièrement dans les communiqués. La lutte contre ce trafic est devenue un enjeu majeur pour l'armée, à la fois pour la sécurité intérieure et pour les relations du Liban avec les pays du Golfe, qui en font une condition de la reprise de leurs échanges avec Beyrouth.
Un enjeu de souveraineté
Au-delà du bilan chiffré, ces opérations s'inscrivent dans l'effort de l'État libanais pour restaurer son monopole sur les armes et étendre son autorité à l'ensemble du territoire. Dans un pays où l'armée jouit d'une large confiance populaire, chaque coup de filet dans la Bekaa est aussi un signal politique: celui d'un État qui cherche à reprendre la main.

