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Fin de la FINUL : Israël refuse toute force de remplacement, le Liban-Sud face au vide

Le mandat de la FINUL s'achève le 31 décembre. Israël s'oppose à la fois à son maintien et à toute force internationale de transition, tout en refusant de retirer ses troupes du sud du Liban. Une équation qui laisse Beyrouth devant un vide sécuritaire dont il n'est pas responsable.

Base de la FINUL à Naqoura, dans le sud du Liban

Mao.rokocin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Le compte à rebours est lancé. Le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), déployée dans le sud du pays depuis 1978, prend fin le 31 décembre 2026, sur décision du Conseil de sécurité, avant un retrait échelonné de ses casques bleus. Sur le papier, l'armée libanaise doit prendre le relais le long de la frontière. Dans les faits, le Liban-Sud se dirige vers un vide sécuritaire, et ce vide n'est pas de son fait.

Une équation à trois inconnues

La transition prévue repose sur l'accord-cadre du 26 juin 2026, négocié sous médiation américaine : l'armée israélienne se retire du Liban-Sud, l'armée libanaise s'y déploie et supervise le désarmement du Hezbollah. Sur le terrain, aucune de ces conditions n'est réunie. L'armée israélienne maintient des positions à l'intérieur du territoire libanais et continue ses frappes, tandis que la question du désarmement reste bloquée.

C'est là que réside le paradoxe imposé au Liban. Israël exige que l'armée libanaise assume seule la sécurité de la frontière, mais s'oppose dans le même temps à toute prolongation de la FINUL et au déploiement de toute force multinationale armée au sud du Litani. Autrement dit : ni casques bleus, ni force de relais internationale, ni retrait israélien, mais l'obligation faite à Beyrouth de tout tenir seul, dans une zone où l'occupant n'est pas parti.

L'avertissement de Beyrouth

Le président Joseph Aoun a posé le problème sans détour. L'échec d'une prolongation de la FINUL et l'absence de force internationale de remplacement, a-t-il prévenu, "créeront un vide qui ne sert ni la sécurité ni la stabilité régionales, surtout si Israël continue d'occuper des villages et des villes du sud comme il le fait actuellement". Le chef de l'État libanais impute directement le blocage à Israël, qui, selon lui, "refuse d'appliquer l'accord-cadre", ne respecte pas ses engagements de cessez-le-feu, s'abstient de corriger les points contestés de la Ligne bleue et ne rend pas les soldats libanais capturés.

La position libanaise est cohérente : Beyrouth ne demande pas le maintien indéfini de la FINUL, mais refuse un vide brutal. C'est le sens de la démarche diplomatique menée à l'ONU, où le Liban plaide pour une présence internationale de transition et un calendrier de retrait israélien, comme nous l'avons détaillé dans notre article sur la bataille de l'après-FINUL à l'Assemblée générale.

Le poids de Washington

Le calcul se joue aussi à New York, au Conseil de sécurité. L'administration américaine s'oppose elle aussi à la prolongation du mandat de la FINUL, alignée sur la position israélienne selon laquelle l'armée libanaise doit reprendre seule la main. Or les États-Unis disposent du droit de veto : leur refus suffit à empêcher toute reconduction de la force onusienne. Le Liban se retrouve donc à négocier une transition dont les deux principaux leviers, le retrait israélien et le maintien d'une présence internationale, dépendent d'acteurs qui n'ont pas intérêt à les lui accorder.

Cette contrainte américaine explique pourquoi Beyrouth cherche des relais ailleurs, notamment auprès de la France et de l'Italie, deux pays contributeurs historiques de la FINUL. La souveraineté libanaise sur le sud, réaffirmée à la plus haute tribune par Paris, se heurte à une réalité de rapport de force.

Ce que le vide signifie

Un départ de la FINUL sans relais crédible ferait disparaître le principal mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et de la Ligne bleue. Dans une zone où l'armée israélienne reste présente et où les habitants du sud tentent de reconstruire sous les frappes, l'absence d'observateurs internationaux priverait le Liban d'un témoin neutre de ce qui s'y passe. Pour un pays qui a fait de la documentation rigoureuse des faits son meilleur atout, la perte de cette présence n'est pas un détail technique : c'est un enjeu de souveraineté et de vérité.

Le 1er janvier 2027 approche. La question n'est plus de savoir si la FINUL part, mais de savoir ce que le Liban obtiendra en échange. Et sur ce point, Beyrouth attend toujours des garanties que ni Israël ni Washington ne semblent pressés de donner.

FINULLiban-SudSouverainetéIsraëlONU
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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