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Culture· Patrimoine

Le Liban au patrimoine mondial : les cinq châteaux du Jabal Amel classés par l'UNESCO

Réuni à Busan, en Corée du Sud, le Comité du patrimoine mondial a inscrit cinq forteresses du Sud-Liban sur la Liste de l'UNESCO. Une reconnaissance internationale pour le Jabal Amel, doublée d'un classement au patrimoine en péril.

Le château de Tibnin (Toron des Chevaliers), l'une des cinq forteresses du Jabal Amel classées à l'UNESCO.

Photo T. Dakroub / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Le Liban compte un nouveau bien au patrimoine mondial de l'humanité. Réuni pour sa 48e session à Busan, en Corée du Sud, le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a inscrit les Châteaux du Mont Amel, un ensemble de cinq forteresses médiévales dressées sur les hauteurs du Jabal Amel, dans le Sud du pays. C'est la première inscription libanaise depuis près de trois décennies, et la première consacrée exclusivement au patrimoine du Sud.

Cinq forteresses, un même système défensif

Le bien inscrit est un bien en série : il regroupe cinq sites fortifiés qui commandaient jadis les routes du Sud-Liban.

Il réunit le château de Beaufort (Qalaat al-Chakif), verrou stratégique dominant le fleuve Litani ; le château de Tibnin (Toron des Chevaliers), sentinelle des collines du Liban-Sud ; le château de Chakra (Dubieh) ; le château de Deir Kifa (Maron) ; et le château de Chama', près de la côte. L'UNESCO retient le critère (iv) : ces forteresses constituent un exemple rare de système défensif cohérent, édifié et remanié du Moyen Âge aux époques suivantes, témoin des croisements entre puissances, routes commerciales et empires qui ont façonné la région.

Une procédure d'urgence pour des sites menacés

La reconnaissance a un revers : les Châteaux du Mont Amel ont été simultanément inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Beyrouth avait déposé le dossier au printemps 2026 dans le cadre d'une procédure d'urgence, réservée aux biens exposés à un danger immédiat. Cette double inscription vise à mobiliser l'expertise et les moyens de la communauté internationale pour protéger des monuments fragilisés par les années de tensions dans le Sud.

Un enjeu de souveraineté patrimoniale

Au-delà de la portée touristique et scientifique, l'entrée du Jabal Amel sur la liste de l'UNESCO ancre une réalité : ces pierres appartiennent à l'histoire longue du Liban. Faire reconnaître le Sud comme un territoire de patrimoine universel, c'est affirmer que sa mémoire n'est ni négociable ni interchangeable. Pour un pays qui peine à protéger son présent, l'inscription offre un levier concret : un statut international opposable, des obligations de conservation et une visibilité qui peut, demain, nourrir un tourisme culturel dont le Sud a cruellement besoin.

Reste l'essentiel : transformer le classement en protection réelle. Un bien en péril n'est pas sauvé par une ligne sur une liste, mais par les moyens qu'on lui consacre. Le Liban a obtenu la reconnaissance ; il lui faut désormais tenir la conservation.

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La redaction

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