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Libye, Italie, Hannibal : le dossier judiciaire qui n'en finit pas

Mandat d'arrêt contre Kadhafi, détention de son fils Hannibal pendant près de dix ans, libération sous caution en novembre 2025 : quatrième volet de notre dossier, la longue procédure qui n'a jamais accouché de la vérité sur le sort de l'imam Moussa Sadr.

Portrait de l'imam Moussa Sadr, dont le dossier judiciaire reste ouvert au Liban

imam-sadr.com / Wikimedia Commons, domaine public

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Faute de vérité, l'affaire Moussa Sadr s'est muée en un interminable feuilleton judiciaire. Un demi-siècle de procédures, de mandats et d'espoirs déçus, qui dit à sa manière l'impuissance d'un État face à un crime jamais élucidé.

2008 : le mandat contre Kadhafi

Il faut attendre 2008, trente ans après les faits, pour que la justice libanaise franchisse un pas décisif : elle lance un mandat d'arrêt international contre Mouammar Kadhafi, tenu pour responsable de l'enlèvement de l'imam et de ses deux compagnons. La chute du régime libyen en 2011, dans le chaos de la guerre civile, ravive un temps l'espoir de voir les archives s'ouvrir et la vérité éclater. Mais l'effondrement de l'État libyen enterre le dossier sous les décombres.

L'affaire Hannibal Kadhafi

Le dernier chapitre porte un nom inattendu : Hannibal Kadhafi, l'un des fils du colonel. En décembre 2015, les autorités libanaises l'arrêtent sur le sol libanais, dans l'espoir de lui soutirer des informations sur le sort de l'imam. Le paradoxe est manifeste : au moment de la disparition, en 1978, Hannibal Kadhafi n'avait que deux ou trois ans. Il ne pouvait rien savoir de première main. Il n'en restera pas moins détenu près de dix ans, sans jamais être jugé.

2025 : la libération sans réponse

À l'automne 2025, après un abaissement de sa caution et la levée de son interdiction de voyager, la justice libanaise ordonne sa remise en liberté. Il est libéré au début du mois de novembre 2025, libre de quitter le pays. L'organisation Human Rights Watch avait dénoncé une détention prolongée sans procès équitable. Sa libération referme le dernier fil concret qui reliait le Liban à l'espoir d'une vérité, sans que le dossier ait avancé d'un pas.

Une justice suspendue

Reste un paradoxe cruel qui résume toute l'affaire : un pays aura retenu un homme une décennie durant pour arracher une vérité qu'il ne détenait pas, avant de le relâcher sans s'en être approché. Ni dépouille, ni procès-verbal d'exécution, ni aveu judiciaire complet : voilà pourquoi, au Liban, on parle toujours du disparu et jamais du défunt. Quarante-huit ans après, la justice reste suspendue en l'air, et le sort de l'imam avec elle. Ce qui ne s'est pas éteint, en revanche, c'est l'idée qu'il a portée : la dignité des oubliés et le pari du vivre-ensemble, au cœur du pilier de ce dossier.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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