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France–Liban· Décryptage

Après la FINUL : qui tiendra le Liban-Sud après le 31 décembre 2026 ?

Dans deux mois, le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban s'éteint pour de bon. La résolution 2790, portée par la France, a fixé une sortie irréversible. Reste la question que personne n'a tranchée : avec quoi remplacer, au Sud, quarante-sept ans de présence onusienne.

Quartier général de la FINUL à Naqoura, dans le sud du Liban

Mao.rokocin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Le compte à rebours est public, daté, voté. Le 31 décembre 2026, la Force intérimaire des Nations unies au Liban cessera ses opérations. Ce n'est pas une hypothèse de calendrier ni une menace de retrait brandie dans une négociation : c'est le dispositif inscrit noir sur blanc dans la résolution 2790, adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité le 28 août 2025. La FINUL, déployée au Liban-Sud depuis 1978, entre dans sa dernière ligne droite. La vraie question n'est plus de savoir si elle part, mais ce qui tient le terrain après elle.

Une sortie verrouillée, pas une reconduction

Pendant des décennies, le mandat de la FINUL se renouvelait d'année en année, presque mécaniquement. La résolution 2790 rompt avec cette routine. Le texte prolonge la mission pour seize mois, jusqu'au 31 décembre 2026, en précisant qu'il s'agit d'une ultime prolongation. Passé cette date, la Force cesse ses opérations et un retrait ordonné s'étale sur l'année 2027. Durant cette phase de désengagement, la FINUL ne conserve qu'une autorité résiduelle : protéger le personnel et les installations des Nations unies, assurer un appui médical et humanitaire, et contribuer à la protection des civils.

La France, qui a porté la résolution et commande un contingent au sein de la Force, a salué dès le lendemain un texte adopté à son initiative. Dans sa déclaration du 29 août 2025, le Quai d'Orsay résume la doctrine en une phrase : l'État libanais doit être le seul garant de la sécurité sur l'ensemble de son territoire. Ces seize mois, dit Paris, doivent servir à accompagner la montée en puissance des Forces armées libanaises au Sud. La FINUL n'est donc pas censée disparaître dans le vide, mais transmettre.

Le trou de deux mois dans la copie

C'est là que le dossier se complique. Transmettre à qui, selon quelles garanties, avec quels moyens : la résolution renvoie la réponse à plus tard. Le Conseil de sécurité a chargé le secrétaire général de l'ONU d'explorer, avant le 1er juin 2026, les options pour l'avenir de la mise en oeuvre de la résolution 1701 après le départ de la Force, et de proposer des mécanismes post-FINUL pour surveiller la Ligne bleue et soutenir les capacités de sécurité libanaises.

Autrement dit, la date de sortie a été gravée avant que la relève ne soit définie. À deux mois de l'échéance, le Liban n'a aucune certitude sur ce qui succédera, sur le terrain, aux casques bleus. Le pays joue sa frontière sud sur une équation dont une variable reste ouverte : la montée en puissance de son armée suivra-t-elle le rythme du départ onusien, ou s'ouvrira-t-il une fenêtre où plus personne ne tient la ligne.

Ce que la souveraineté libanaise exige vraiment

Du point de vue de Beyrouth, l'après-FINUL ne se résume pas à une question logistique. Le départ d'une force internationale n'a de sens, pour la souveraineté libanaise, que si l'armée nationale peut effectivement se déployer sur tout le territoire du Sud. Or ce déploiement bute sur un obstacle que la résolution 2790 nomme explicitement : le texte appelle Israël à se retirer des cinq positions qu'il occupe au nord de la Ligne bleue, et demande au gouvernement libanais de s'y déployer avec l'appui de la FINUL.

La logique est imparable, et elle est celle du Liban. On ne peut pas, dans le même mouvement, exiger que l'armée libanaise assume seule la sécurité du Sud et maintenir une occupation étrangère sur des positions qu'elle devrait contrôler. Tant que ces cinq points restent tenus par l'armée israélienne, le transfert de responsabilité que la communauté internationale appelle de ses voeux reste amputé. La fin de la FINUL ne libère pleinement la souveraineté libanaise que si le retrait israélien l'accompagne.

La France, entre héritage et responsabilité

Pour Paris, l'enjeu est aussi celui de sa crédibilité au Liban. La France a été l'architecte de cette sortie négociée : elle en porte donc la responsabilité politique. Avoir obtenu un calendrier unanime au Conseil de sécurité est un succès diplomatique ; laisser ce calendrier déboucher sur un vide sécuritaire au Sud en serait l'échec. Le Liban attend de la France qu'elle ne se contente pas d'avoir organisé le départ, mais qu'elle pèse pour que la relève soit réelle : appui concret à l'armée libanaise, pression pour le retrait israélien des cinq positions, garanties internationales sur la Ligne bleue.

Les mois qui viennent diront si l'après-FINUL est une étape vers la pleine souveraineté libanaise sur son Sud, ou un pari risqué sur un État encore en reconstruction. La date, elle, est fixée. Le reste s'écrit maintenant.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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