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France–Liban· Décryptage

Présidence française de l'ONU : pourquoi ce mois de septembre compte pour le Liban

En septembre 2026, la France préside le Conseil de sécurité des Nations unies et accueille, le 17, la réunion de Paris sur l'armée libanaise. Deux leviers réunis le même mois, au moment précis où la FINUL entame sa dernière année. Pour Beyrouth, c'est une fenêtre à ne pas manquer.

Séance du Conseil de sécurité des Nations unies dans sa salle emblématique à New York.

U.S. Department of State via Wikimedia Commons (domaine public)

Il y a des calendriers qui, sans le dire, dessinent une position de force. En septembre 2026, la France cumule deux leviers rarement réunis sur le dossier libanais : elle préside le Conseil de sécurité des Nations unies pour tout le mois, et elle accueille à Paris, le 17 septembre, la réunion préparatoire à la conférence internationale de soutien à l'armée libanaise. À New York comme dans la capitale française, c'est le même pays qui tient le marteau. Pour le Liban, qui joue son avenir sécuritaire au Sud, ce mois n'a rien d'anodin.

Un mois, deux leviers

La présidence tournante du Conseil de sécurité échoit à la France pour septembre. Elle est assurée par Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, qui a présenté le 1er septembre le programme de travail du mois. Les priorités affichées portent d'abord sur Haïti, l'Iran et le Soudan, dans un contexte marqué par l'ouverture de la nouvelle session de l'Assemblée générale et la semaine de haut niveau, où affluent les chefs d'État et de gouvernement.

Le Liban n'est pas au sommet de cet agenda, mais il n'en est pas absent. Devant la presse, l'ambassadeur français a explicitement évoqué « l'avenir de la présence des Nations unies au Liban » et la perspective de discussions sur une éventuelle mission européenne, militaire et civile, appelée à prendre le relais. Autrement dit, c'est sous présidence française que se posera, ce mois-ci, la question de ce qui viendra après les Casques bleus.

Porte-plume : un rôle discret qui pèse lourd

Ce n'est pas un hasard. Au Conseil de sécurité, la France est le « porte-plume » du dossier libanais : c'est elle qui rédige et pilote les résolutions concernant le Liban. Un rôle technique en apparence, décisif en réalité, car il place Paris au centre de toute négociation sur la sécurité du pays. Cette fonction, la France l'a défendue jusqu'au bout lors du dernier bras de fer sur la FINUL, aux côtés de Beyrouth qui souhaitait le maintien de la force, face aux États-Unis et à Israël, partisans d'un retrait rapide.

Sur le terrain diplomatique bilatéral, Paris a envoyé des signaux convergents. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé lors d'un déplacement à Beyrouth le doublement de l'aide humanitaire française au Liban, portée à 17 millions d'euros, et a redit la disposition de la France à maintenir une présence dans le pays après le départ de la FINUL, à la demande des autorités libanaises et dans un cadre à définir avec elles.

La FINUL entre dans sa dernière année

Le contexte donne à ce mois de septembre une acuité particulière. Fin août 2025, le Conseil de sécurité a prorogé « une dernière fois » le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, déployée au Sud depuis 1978. Le mandat court jusqu'à fin 2026 ; le retrait des Casques bleus doit s'engager à compter du 31 décembre 2026, pour un départ complet d'ici à la fin de 2027. Au terme de cette séquence, l'armée libanaise devra assurer seule la sécurité du Liban-Sud.

C'est tout l'enjeu de la réunion de Paris du 17 septembre : passer d'un soutien politique général à une évaluation concrète des besoins de l'armée et des forces de sécurité intérieure libanaises. Le président Joseph Aoun y a été convié par Emmanuel Macron, et des délégations militaires de plusieurs pays sont attendues. La rencontre prépare une conférence internationale plus large, co-organisée avec Washington et Riyad, destinée à financer et équiper une armée à laquelle on demande, dans le même mouvement, d'étendre l'autorité de l'État sur tout le territoire.

Ce que le Liban peut attendre de ce mois

Pour Beyrouth, la coïncidence est une opportunité. Que la France tienne simultanément la présidence du Conseil et l'organisation de la réunion sur l'armée maintient le Liban dans le champ de vision international au moment où l'attention se disperse entre une dizaine de crises. C'est aussi l'occasion de rappeler, depuis la tribune onusienne, une exigence constante de l'État libanais : le retrait israélien de l'ensemble du territoire et le respect de la souveraineté du pays, condition sans laquelle aucune montée en puissance de l'armée au Sud n'est tenable.

Rien n'est joué pour autant. La présidence du Conseil se limite à un mois, l'agenda de septembre est saturé, et le soutien à l'armée libanaise dépendra, au bout du compte, des engagements financiers pris par les partenaires. Mais la fenêtre est là. Elle se referme fin septembre. Le Liban a tout intérêt à ce que ces quatre semaines servent son intérêt national, pas seulement l'agenda des autres.

France-LibanONUFINULArmée libanaiseDiplomatie
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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