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France–Liban· Analyse

À l'ONU, pour son dernier discours, Macron range la souveraineté du Liban parmi ses combats

Devant l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre, Emmanuel Macron a prononcé l'ultime discours de son mandat. Il y a placé la souveraineté du Liban au même rang que celle de l'Ukraine, de la Palestine et de la Syrie, et lié la fin des destructions dans le Sud au rétablissement d'un « Liban pleinement souverain ». À la plus haute tribune du monde, Paris a redit que le Liban n'était pas une variable d'ajustement.

Emmanuel Macron, président de la République française, en juin 2025

Commission européenne / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Pour son dernier discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre, Emmanuel Macron n'a pas relégué le Liban en note de bas de page. Le président français, qui achève un mandat de neuf ans, a rangé la souveraineté libanaise au même rang que celle de l'Ukraine, de la Palestine et de la Syrie, dans un discours qu'il a construit contre le retour de « la loi de la jungle ». À la plus haute tribune du monde, et pour la dernière fois, le chef de l'État a rappelé que Paris considère le Liban comme un pays dont la souveraineté doit être défendue, et non négociée.

Un discours-testament contre « la loi de la jungle »

Le fil du discours n'était pas le Liban, mais un avertissement général. Emmanuel Macron a décrit « le retour de l'impérialisme, de l'arrogance, du retour à la force sans règle ni retenue », et posé une question qu'il a voulue simple : voulons-nous vivre « dans cet état de nature, avec une forme de retour de la loi de la jungle, ou dans une société internationale civilisée ? » Le président a martelé un mot d'ordre, « ne cédons pas à l'esprit de défaite », et refusé « le double standard » qui voudrait que « la souveraineté des peuples était valable en Europe, mais que, quand il s'agissait de regarder le Moyen-Orient ou l'Afrique, on pouvait bien s'en passer ». C'est dans cette architecture, celle d'une souveraineté indivisible, que le Liban a trouvé sa place.

Le Liban rangé parmi les souverainetés à défendre

Le passage est court mais explicite. « Au Proche et Moyen-Orient, c'est encore le respect de la souveraineté de chacun qui peut seul amener la paix et la sécurité à tous, et c'est ce que nous défendons », a déclaré le président. Puis, directement : « Respect de la souveraineté pour les Libanais déplacés et dont les villages sont détruits les uns après les autres dans le sud. » La formule désigne les frappes israéliennes qui, malgré le cessez-le-feu de novembre 2024, continuent de viser le Liban-Sud. En la prononçant à la tribune de l'ONU, Emmanuel Macron a fait de la destruction des villages du Sud un fait qu'il porte lui-même, et non une allégation à mettre au conditionnel.

La souveraineté avant le désarmement

Le président français a lié cette souveraineté à un objectif que Paris répète depuis des mois : « Seul un Liban pleinement souverain pourra conduire à faire rendre les armes au Hezbollah et à rétablir la sécurité pour les Libanais et tous les voisins. » L'ordre des termes compte. Dans la lecture d'Emmanuel Macron, ce n'est pas le désarmement qui produit la souveraineté, mais un État libanais rétabli dans ses droits qui rend possible le monopole de la force. C'est la position officielle de la France, et elle rejoint celle que défend la présidence libanaise depuis l'élection de Joseph Aoun : un processus conduit par l'État, et non imposé de l'extérieur. Le président a clos le passage par une phrase sans ambiguïté sur la cible : « Souveraineté du Liban et de son peuple. »

Ce que Paris joue en ce mois de septembre

Le calendrier donne à ces mots un poids concret. La France préside le Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de septembre, une fenêtre pendant laquelle elle est en première ligne sur le dossier libanais. Or ce dossier est suspendu à une échéance : le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la FINUL, s'éteint le 31 décembre 2026, et Paris travaille à organiser l'après, en articulation avec le déploiement de l'armée libanaise dans le Sud. Le discours du 22 septembre n'est donc pas un geste isolé : il vient sceller, au niveau du chef de l'État, une séquence diplomatique que la France conduit sur plusieurs fronts, de la réunion de soutien à l'armée libanaise réunie à Paris à la bataille menée au Conseil de sécurité.

Une parole aussitôt contestée

Le discours n'a pas laissé indifférent. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a dénoncé « l'absurdité grotesque » des propos d'Emmanuel Macron, qui avait mis en cause, dans le même discours, la violation des souverainetés par plusieurs puissances. La vigueur de la réplique confirme, en creux, que la parole française pèse. Pour le Liban, l'essentiel tient en une ligne : au moment où son territoire reste frappé et où son avenir sécuritaire se joue à l'ONU, le président de la République française a choisi, pour son dernier discours devant les Nations unies, de nommer sa souveraineté parmi les combats de la France.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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