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France–Liban· Analyse

Opération Daman : les soldats français que la France envoie au Liban-Sud depuis 1978

Sous le casque bleu de la FINUL, la France maintient sans interruption un contingent au Liban-Sud depuis près d'un demi-siècle. Au moment où le mandat de la Force s'achève fin 2026 et où Paris se pose en pilote de son successeur, ce lien militaire redevient un argument diplomatique de premier plan. Il a aussi un coût : au printemps 2026, deux militaires français y ont perdu la vie.

Soldats français de l'opération Daman au Liban-Sud, sous mandat de la FINUL.

2e REI / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Depuis 1978, la France n'a jamais vraiment quitté le Liban-Sud. Sous le casque bleu de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), elle y maintient sans interruption un contingent, baptisé opération Daman. Au moment où le mandat de la FINUL doit s'achever, fin 2026, et où Paris se pose en pilote de la force appelée à lui succéder, ce demi-siècle d'engagement militaire français redevient un argument diplomatique de premier plan. Il a aussi un prix : au printemps 2026, deux soldats français y ont perdu la vie.

1978 : une force née d'une main française

La FINUL est créée le 19 mars 1978 par les résolutions 425 et 426 du Conseil de sécurité des Nations unies, quelques jours après l'opération israélienne Litani dans le sud du Liban. Sa mission d'origine : confirmer le retrait israélien, restaurer la paix et aider l'État libanais à rétablir son autorité sur sa frontière. L'architecture de la force doit beaucoup à un officier français, le général Jean Cuq, qui en porte l'initiative. Dès le départ, Paris fournit l'un des principaux contingents de ce dispositif déployé sur la frontière israélo-libanaise.

Daman, le nom français d'un engagement continu

Côté français, cette présence porte un nom : opération Daman. Le contingent tricolore arme principalement la Force Commander Reserve, la réserve d'intervention rapide capable d'appuyer, partout dans la zone, les autres bataillons de la FINUL. Plusieurs centaines de militaires français y sont engagés, avec véhicules blindés, unités du génie et moyens de renseignement. Chaque année, les soldats de Daman effectuent des centaines de patrouilles, dont une partie conjointement avec l'armée libanaise le long de la Ligne bleue, la ligne de démarcation tracée par l'ONU après le retrait israélien de 2000.

Un engagement payé du sang

Le Liban reste l'un des théâtres les plus meurtriers de l'histoire militaire française récente. Le souvenir le plus lourd est l'attentat du Drakkar, le 23 octobre 1983 : cinquante-huit parachutistes français y sont tués à Beyrouth. Ils appartenaient alors à la Force multinationale de sécurité, distincte de la FINUL. Le 21 décembre 1983, c'est le contingent français de la FINUL lui-même qui est visé au Liban-Sud, avec dix morts. De 1978 à 2025, 339 membres de la FINUL, toutes nationalités confondues, sont morts en service, selon les Nations unies.

Le printemps 2026 a rappelé que ce risque n'appartient pas au passé. Le 18 avril, une patrouille de reconnaissance de l'opération Daman essuie des tirs dans le secteur de Deir Kifa, dans le sud du pays. Le sergent-chef Florian Montorio, du génie, est tué ; plusieurs de ses camarades sont blessés. L'un d'eux, le caporal-chef Anicet Girardin, du 132e régiment d'infanterie cynotechnique, succombe à ses blessures quelques jours plus tard. Selon le ministère français des Armées, la patrouille a été prise à partie par un groupe armé ; les circonstances ont fait l'objet d'une enquête et aucune responsabilité n'a été officiellement établie. Un hommage national a été rendu au sergent-chef Montorio le 23 avril, à Montauban.

Fin 2026, la France veut piloter l'après-FINUL

Ce capital d'engagement, Paris le met aujourd'hui sur la table. Le mandat de la FINUL, plusieurs fois prorogé, doit s'achever fin 2026, dans un contexte de coupes budgétaires à l'ONU et de pressions pour un retrait. La France, avec l'Italie, s'est positionnée pour conduire la coalition internationale censée accompagner le Liban après le départ des Casques bleus, le temps que l'armée libanaise se déploie seule jusqu'à la frontière. C'est tout le sens des réunions tenues à Paris à la mi-septembre autour du président Joseph Aoun : éviter un vide sécuritaire au sud et appuyer le déploiement de l'armée libanaise, seule garante de la souveraineté du pays sur son territoire. Pour le Liban, l'enjeu n'est pas symbolique : il s'agit de savoir qui tiendra la frontière quand les Nations unies s'en iront.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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