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France–Liban· Analyse

Enseignement français au Liban : un réseau parmi les plus denses au monde

Avec plus de soixante établissements homologués, le Liban possède l'un des plus anciens et plus vastes réseaux d'écoles françaises hors de France. Un pilier discret du lien franco-libanais, que ni la crise économique ni l'instabilité sécuritaire n'ont fait céder.

Le Grand Lycée franco-libanais à Achrafieh, Beyrouth

Wikimedia Commons, CC0

Peu de pays au monde entretiennent avec la langue française un lien scolaire aussi profond que le Liban. Le réseau d'enseignement français y rassemble plus de soixante établissements implantés sur l'ensemble du territoire, du littoral à la Bekaa, selon le site d'information Lepetitjournal Beyrouth et l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). C'est l'un des plus anciens et des plus densément dotés hors de l'Hexagone.

Un réseau né bien avant l'indépendance

La présence scolaire française au Liban précède de loin la République libanaise. Congrégations religieuses, écoles laïques et grands lycées se sont implantés dès la fin du XIXe siècle, sous l'Empire ottoman puis sous le mandat français. Cet héritage a survécu à l'indépendance de 1943 et s'est institutionnalisé autour de deux opérateurs. L'AEFE, agence publique rattachée au ministère des Affaires étrangères, homologue et accompagne les établissements. La Mission laïque française, association fondée en 1902, en gère un réseau propre : 109 écoles, collèges et lycées à programme français dans le monde, dont plusieurs des plus importants au Liban.

Le Grand Lycée franco-libanais, vaisseau amiral

Symbole de cette implantation, le Grand Lycée franco-libanais d'Achrafieh, à Beyrouth, relève de la Mission laïque française. Il scolarisait 2 702 élèves en 2024-2025, répartis en 97 divisions de la petite section à la terminale, selon la Mission laïque française. L'établissement propose un large éventail d'options et d'enseignements de spécialité et prépare au baccalauréat français. Il n'est pas isolé : Beyrouth, Tripoli, Saïda, Zahlé et plusieurs autres villes accueillent des lycées homologués qui délivrent les mêmes diplômes que sur le sol français.

Un maillon d'un dispositif mondial

Ce réseau libanais s'inscrit dans un ensemble plus vaste. Le dispositif mondial de l'enseignement français à l'étranger scolarise plusieurs centaines de milliers d'élèves dans quelque 500 établissements répartis dans plus de 130 pays, selon l'AEFE, une majorité d'entre eux n'étant pas de nationalité française. Le Liban figure parmi les pays où ce maillage est le plus serré rapporté à la population, ce qui en fait une vitrine de la francophonie au Proche-Orient.

Une résilience mise à l'épreuve

Depuis 2019, ce réseau encaisse des chocs en série : effondrement de la livre libanaise, appauvrissement des familles, explosion du port de Beyrouth en 2020, puis regain d'instabilité sécuritaire dans le sud du pays. La question des frais de scolarité, libellés pour partie en devises, pèse lourd sur des ménages dont le pouvoir d'achat s'est effondré. Malgré tout, les établissements ont maintenu leur activité et leurs effectifs, souvent au prix d'aménagements et de bourses. Pour beaucoup de familles libanaises, la scolarité française demeure un investissement d'avenir et une passerelle vers les universités francophones, en France comme au Canada.

Un atout pour le Liban et sa diaspora

Au-delà du symbole diplomatique, ce réseau est un atout concret pour le Liban. Il forme une jeunesse trilingue, arabe, français et anglais, capable de circuler entre le pays et sa diaspora, et entretient un lien culturel qui dépasse la seule coopération d'État à État. À l'heure où la France réaffirme régulièrement son attachement à la souveraineté et à la stabilité du Liban, l'école reste l'un des vecteurs les plus anciens et les plus enracinés de cette relation. Un lien qui se mesure moins en communiqués qu'en générations d'élèves.

France-LibanÉducationFrancophonie
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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