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Liban-Sud : Nawaf Salam se rend dans la zone pilote de Zaoutar el-Gharbiyé

Au lendemain de l'entrée de l'armée libanaise dans le village, le Premier ministre s'est déplacé à Zaoutar el-Gharbiyé, première localité du Liban-Sud placée sous le dispositif des zones pilotes. Une visite qui donne une portée politique au premier test de l'accord-cadre conclu avec Israël.

Nawaf Salam dans la zone pilote de Zaoutar el-Gharbiye

Photo : Annahar

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'est rendu à Zaoutar el-Gharbiyé, dans le caza de Nabatiyé, première localité du Liban-Sud placée sous le régime des zones pilotes. Sa venue intervient au lendemain du déploiement de l'armée libanaise dans ce village, le mardi 21 juillet, premier test concret sur le terrain de l'accord-cadre conclu avec Israël.

Une visite qui engage l'État

En se déplaçant sur place, le chef du gouvernement associe directement l'exécutif à une opération jusqu'ici portée par l'armée et encadrée par la médiation américaine. Le geste dépasse le symbole : il place le retour de l'autorité de l'État au coeur de la séquence, dans une région longtemps échappée à son contrôle effectif. C'est aussi une manière de signifier que le déploiement du Liban-Sud n'est pas une simple opération militaire, mais une décision politique assumée par Beyrouth.

Un déploiement sous tension

La veille, l'entrée des soldats libanais à Zaoutar el-Gharbiyé ne s'est pas faite sans heurts. L'armée libanaise a accusé les forces israéliennes d'avoir ouvert le feu à proximité de ses unités pendant leur déploiement, selon un incident rapporté le 21 juillet. L'épisode illustre la fragilité du mécanisme : le retrait israélien reste partiel et conditionnel, et la moindre friction sur le terrain peut enrayer un calendrier déjà précaire.

Zaoutar, la vraie nouveauté

Sur les trois localités retenues pour cette première phase, Zaoutar el-Gharbiyé, Froun (caza de Bint Jbeil) et Srifa (caza de Tyr), une nuance s'impose. Interrogé par Ici Beyrouth, le général Khalil Gemayel, ancien commandant du secteur sud du Litani, rappelle que l'armée libanaise était déjà présente à Froun et à Srifa. « Le premier déploiement effectif de l'armée libanaise en réponse à l'annonce américaine ne concerne donc que Zaoutar el-Gharbiyé », précise-t-il. Israël, ajoute l'officier, n'y avait jamais établi de présence permanente : ses forces y entraient ponctuellement avant de se retirer.

La portée de l'opération est donc d'abord politique. Elle vise à formaliser et à étendre progressivement le rôle de l'armée libanaise dans le Sud, plus qu'à traduire un basculement militaire brutal. Ce même secteur agricole compte parmi les zones où des oliviers centenaires ont été arrachés et pillés durant le conflit, privant des familles d'un patrimoine transmis sur plusieurs générations.

Le désarmement du Hezbollah, point de friction

Le dispositif des zones pilotes découle de l'accord-cadre signé entre le Liban et Israël à Washington en juin 2026, dont le déploiement du 21 juillet constitue le premier test sur le terrain. Le principe : l'armée libanaise reprend le contrôle de secteurs précis, tandis qu'Israël conserve pour l'heure ce qu'il qualifie de « zone de sécurité ». Le retrait israélien complet demeure suspendu au désarmement du Hezbollah, exigence centrale de Tel-Aviv et question la plus explosive de la vie politique libanaise.

La visite de Nawaf Salam coïncide avec la séquence diplomatique ouverte par le déplacement du président Joseph Aoun à Washington. Pour le gouvernement libanais, l'enjeu est de transformer ces premiers pas sur le terrain en garanties politiques durables, sans apparaître comme le simple exécutant d'un agenda dicté de l'extérieur. Les prochains jours diront si le dispositif s'étend au-delà des trois villages initiaux et si un mouvement se dessine sur le dossier du désarmement.

Liban-SudNawaf SalamDiplomatie
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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