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Décryptages· Environnement

Liban-Sud : oliveraies centenaires, forêts et patrimoine ravagés

Au-delà des victimes et des maisons détruites, c'est un paysage entier qui s'efface au Liban-Sud. Oliveraies centenaires arrachées, forêts de chênes brûlées, terres contaminées : les autorités libanaises documentent une atteinte durable à l'environnement et au patrimoine du Sud.

Collines boisées du Liban-Sud, région de Mleeta (photo d'illustration)

Hussein Abdallah, Wikimedia Commons, CC BY 2.0

Il est des blessures qui ne saignent pas mais qui mettent des siècles à cicatriser. Au Liban-Sud, à mesure que la poussière des combats retombe, apparaît l'étendue d'un autre désastre : celui infligé à la terre, aux forêts et au patrimoine. Un paysage façonné par des générations de paysans et de bâtisseurs, réduit par endroits à une étendue calcinée.

Une terre brûlée

Les autorités libanaises décrivent une stratégie de terre brûlée destinée, selon elles, à priver le terrain de tout couvert. Des chercheurs évoquent une véritable « désertification forcée », avec des milliers d'hectares d'oliveraies anciennes détruits et l'équilibre fragile des écosystèmes fluviaux rompu. Au-delà des arbres, les bombardements intensifs et les opérations de bulldozer ont contaminé des terres agricoles, dégradé la qualité de l'air et pollué des sources d'eau, hypothéquant les récoltes futures autant que la santé des habitants.

Des arbres centenaires arrachés

Le symbole le plus douloureux reste l'olivier, emblème de continuité au Liban. Selon les autorités, des oliviers, des chênes et des caroubiers centenaires ont été arrachés dans les régions de Hasbaya et de Bint Jbeil, quand ils n'ont pas été brûlés. Des forêts de chênes ont été incendiées et défrichées, des terrasses agricoles historiques nivelées, effaçant un modelé du territoire vieux de plusieurs générations. Cette atteinte prolonge celle subie par les agriculteurs du Sud, coupés de leurs terres.

Un patrimoine visé

Le ministère de la Culture a dressé un inventaire accablant : près de 55 villes et villages historiques du Sud détruits ou gravement endommagés depuis 2023. Parmi les sites touchés figurent la ville antique de Tyr et le site archéologique d'Al-Bass, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, ainsi que les châteaux de Beaufort, de Chamaa et de Tebnine. Églises maronites, orthodoxes et catholiques, mosquées et sanctuaires historiques, marchés traditionnels de Nabatieh et de Bint Jbeil : la destruction frappe toutes les communautés, rappelant que ce patrimoine est un bien commun libanais.

Documenter pour reconstruire

Face à l'ampleur des dégâts, le Liban a d'abord une arme : l'inventaire. Recenser, chiffrer, cartographier chaque olivier arraché et chaque pierre effondrée, c'est préparer la reconstruction et fonder d'éventuelles réparations. Car ce paysage n'est pas un décor : il est la mémoire vivante du Sud et une part de l'identité nationale. Le préserver, c'est défendre le Liban lui-même.

Sources
  • Rapport du ministère libanais de la Culture
  • Agence nationale de l'information (ANI)
Liban-SudEnvironnementPatrimoineUNESCOOliviers
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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