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Le négociateur : Berri, l'homme du cessez-le-feu et du retour à l'État

En novembre 2024, c'est lui qui négocie pour le Liban la fin des hostilités avec Israël. En janvier 2025, c'est lui qui proclame l'élection du président Joseph Aoun. À plus de quatre-vingts ans, Nabih Berri s'est imposé comme le pivot des tournants qui ont ramené le pays vers l'État.

Nabih Berri reçoit à Beyrouth les ministres britanniques David Lammy et John Healey

Foreign, Commonwealth & Development Office, Wikimedia Commons, CC BY 2.0

À un âge où la plupart des dirigeants ont depuis longtemps quitté la scène, Nabih Berri s'est retrouvé au coeur des deux tournants majeurs du Liban récent. Le premier est militaire et diplomatique ; le second, institutionnel. Dans les deux cas, c'est sa capacité à parler à toutes les parties qui a été déterminante.

L'artisan du cessez-le-feu

À l'automne 2024, alors que la guerre embrase le Liban-Sud et la banlieue de Beyrouth, c'est vers Ain el-Tineh que se tournent les médiateurs. Selon l'agence Reuters, Berri devient l'interlocuteur libanais de l'émissaire américain Amos Hochstein, chargé de négocier au nom du Liban avec l'appui du Hezbollah. Après des semaines de navettes, un cessez-le-feu est conclu le 27 novembre 2024, mettant fin aux combats les plus meurtriers depuis 2006. Pour un pays exsangue, l'arrêt des hostilités est d'abord une victoire du Liban : celle de faire taire les armes et de préserver ce qui peut l'être.

L'homme qui a rouvert Baabda

Le 9 janvier 2025, la scène se déplace à l'hémicycle. Après plus de deux ans de vacance présidentielle et une douzaine de tentatives avortées, le Parlement élit enfin un chef de l'État. C'est Berri, au perchoir, qui prononce la formule attendue : le président de la République est Joseph Aoun, élu avec 99 voix sur 128. En coulisses, sa résidence de Ain el-Tineh avait été l'un des points de ralliement où s'est agrégé le soutien au chef de l'armée. Le Liban retrouvait un président ; l'État, sa tête.

Vers la primauté de l'État

Depuis, Ain el-Tineh demeure une étape obligée de la diplomatie autour du Liban, où défilent envoyés arabes et occidentaux. Plusieurs analyses décrivent un Berri qui, dans la recomposition en cours, penche vers la primauté de l'État et le monopole de la force publique. Ce serait, pour le doyen des institutions, un ultime chapitre cohérent avec le fil de toute une vie : faire tenir le Liban par ses institutions. Ce parcours d'ensemble est resitué dans notre portrait du doyen des institutions libanaises.

Nabih BerriCessez-le-feuJoseph AounFrance-LibanSouveraineté
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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