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Taëf et l'après-guerre : Berri, bâtisseur de l'État de la reconstruction

Ministre à répétition dans les gouvernements de la fin de la guerre, Nabih Berri accompagne le passage des armes aux institutions. L'accord de Taëf, en 1989, lui offre le cadre d'un rôle d'État qu'il ne quittera plus.

Nabih Berri, artisan de l'État libanais d'après-guerre, dans un salon officiel

Ministère autrichien des Affaires étrangères, Wikimedia Commons, CC BY 2.0

La grande bascule de la carrière de Nabih Berri se joue dans les dernières années de la guerre civile, quand la question n'est plus de gagner sur le terrain, mais de rebâtir un État. Dès 1984, le chef d'Amal entre au gouvernement d'union nationale. Il y restera, sous différents cabinets, jusqu'en 1992, cumulant les responsabilités : ministre d'État chargé du Sud et de la reconstruction, puis de la Justice (1984-1988), des Ressources hydrauliques et électriques, du Logement et des coopératives (1989-1990).

Le tournant de Taëf

En 1989, sous l'égide de la Ligue arabe, les députés libanais réunis à Taëf, en Arabie saoudite, scellent l'accord de réconciliation nationale qui met fin à quinze ans de guerre. Le texte rééquilibre les pouvoirs entre les grandes fonctions de l'État et rénove le pacte de coexistence entre communautés. Pour Berri, il consacre une donnée décisive : la présidence de la Chambre reste attribuée à un chiite, et son mandat est allongé. Le cadre de sa future longévité est posé.

Des armes aux institutions

Le mérite de cette période est d'avoir converti un chef de mouvement de guerre en homme d'État de la reconstruction. Berri accompagne la remise en marche des institutions, la reconstruction des services publics et le retour d'un fonctionnement parlementaire régulier. Là où d'autres acteurs de la guerre disparaissent ou s'exilent, lui prend racine au coeur de l'appareil d'État.

Vers le perchoir

La logique de Taëf trouve son aboutissement en octobre 1992 : Nabih Berri est élu président du Parlement. Il n'a alors que 54 ans, et personne ne peut imaginer qu'il occupera encore le perchoir trois décennies plus tard. Cette longévité fait l'objet de notre volet sur ses trente ans à la tête de la Chambre. L'ensemble du parcours est resitué dans notre portrait du doyen des institutions libanaises.

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Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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