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Décryptages· Décryptage

Nabih Berri, de la diaspora de Sierra Leone au barreau de Beyrouth

Avant le perchoir, il y a l'exil, le retour et les amphis. Le parcours du jeune Nabih Berri, de l'Afrique de l'Ouest aux tribunaux de Beyrouth, raconte l'ascension d'un fils du Sud dans un Liban qui laissait alors peu de place aux siens.

Nabih Berri, avocat de formation devenu président du Parlement libanais

Commission européenne / Christophe Licoppe, Wikimedia Commons, CC BY 4.0

L'histoire de Nabih Berri commence loin du Liban, sur la côte ouest de l'Afrique. Il naît le 28 janvier 1938 à Bo, en Sierra Leone, où son père, Mustafa Berri, tient un commerce. La famille est originaire de Tibnin, gros bourg du Jabal Amel, à l'est de Tyr. Comme des dizaines de milliers de Libanais du Sud à cette époque, les Berri ont pris la route de l'émigration pour fuir la pauvreté d'une région tenue à la marge de l'État.

Le retour au pays

C'est au Liban que se joue sa formation. Le jeune Nabih étudie à Tibnin, Ain Ebel puis Bint Jbeil, avant de rejoindre à Beyrouth les établissements de la Makassed et l'École de la Sagesse. En 1963, il décroche une licence de droit à l'Université libanaise et s'inscrit au barreau comme avocat près la cour d'appel. Le parcours n'a rien d'anodin : pour un fils du Sud chiite, alors communauté la plus défavorisée du pays, l'accès aux professions du droit et à la capitale est déjà une forme d'émancipation.

L'engagement dès la faculté

Sur les bancs de l'université, Berri se fait déjà remarquer. Élu président du corps étudiant, il prend la tête de l'Union nationale des étudiants libanais en 1963 et participe aux conférences estudiantines et politiques de son temps. Ces années forment un tribun, rompu très tôt à la négociation et au rapport de force, deux registres qui feront plus tard sa réputation.

La rencontre décisive

Au tournant des années 1970, l'avocat d'affaires croise la route de l'imam Moussa Sadr, cette figure charismatique venue réveiller la conscience politique des chiites libanais. Berri devient l'un de ses proches. Cette rencontre scelle une vocation : mettre l'outil politique au service d'une communauté longtemps privée de voix. Elle prépare le chapitre suivant, celui d'Amal et de l'entrée du Sud en politique. Ce parcours d'ensemble est resitué dans notre portrait de Nabih Berri, doyen des institutions libanaises.

Nabih BerriDiasporaTibninLiban-SudMoussa Sadr
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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