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Walid Joumblatt et la réconciliation de la Montagne : du conflit à la coexistence

Propulsé chef de guerre à 27 ans, Walid Joumblatt a traversé les années les plus noires du Liban. Son legs le plus durable n'est pourtant pas militaire : c'est la réconciliation de la Montagne, qui a permis le retour des déplacés et rouvert la voie du vivre-ensemble dans le Chouf.

Walid Joumblatt, chef druze du Chouf

Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5.

Le 16 mars 1977, l'assassinat de Kamal Joumblatt bouleverse le destin de son fils. À 27 ans, Walid Joumblatt hérite d'un parti, d'une communauté et d'une guerre. Le Liban est alors déchiré depuis 1975, et la montagne du Chouf va devenir l'un des théâtres les plus douloureux du conflit. De cette période, l'histoire retiendra les combats, mais aussi, plus tard, un geste de paix qui restera son legs le plus précieux.

Un chef malgré lui, dans un pays en guerre

Walid Joumblatt prend la tête du PSP au moment où le Liban s'enfonce dans la violence. Sa résidence de Beyrouth est visée à plusieurs reprises : il échappe de justesse à un attentat à la voiture piégée le 12 janvier 1982, puis est de nouveau blessé le 1er décembre de la même année (Wikipédia EN, « Walid Jumblatt »). Ces années forgent chez lui une conscience aiguë de la fragilité de la paix civile.

Lors de l'invasion israélienne de juin 1982, il adopte une position de neutralité pragmatique, cherchant avant tout à protéger sa communauté et à ne pas précipiter la montagne dans un affrontement supplémentaire (Wikipédia FR, « Walid Joumblatt »).

La Guerre de la Montagne (1983-1984)

Le retrait de l'OLP de Beyrouth et la recomposition des forces créent, en 1983, un vide dans le Chouf. Les combats qui suivent, connus sous le nom de Guerre de la Montagne (Harb al-Jabal), redessinent durablement la géographie de la région et provoquent d'importants déplacements de population.

Les bilans humains de cet épisode varient selon les sources et les définitions retenues. L'historien Samir Kassir, dans son ouvrage de référence La Guerre du Liban (Karthala/CERMOC, 1994), fait état de pertes lourdes des deux côtés. Fidèles à notre méthode, nous rappelons que ces chiffres ne sauraient être agrégés sans précaution, et que la responsabilité des drames de la guerre civile relève d'une histoire partagée et douloureuse, que LibanInfo aborde sans prendre parti entre les communautés libanaises.

2001 : la réconciliation de la Montagne

C'est là que le parcours de Joumblatt prend une dimension singulière. Loin de figer les fractures de la guerre, il choisit, une fois la paix revenue, de tendre la main. En août 2001, il accueille à Moukhtara le patriarche maronite Nasrallah Boutros Sfeir lors d'une visite historique dans le Chouf. Cette réconciliation de la Montagne scelle symboliquement la fin de l'hostilité entre druzes et chrétiens de la région et ouvre la voie au retour des déplacés chrétiens dans leurs villages.

Ce moment demeure l'un des plus forts de la réconciliation nationale libanaise d'après-guerre. Il illustre une conviction que Joumblatt n'a cessé de défendre : la montagne libanaise, terre de coexistence, ne peut vivre que dans le respect mutuel de ses communautés.

Le sens d'un parcours

De la guerre à la réconciliation, la trajectoire de Walid Joumblatt raconte celle d'un Liban qui apprend, dans la douleur, à se reconstruire. Après 2005, cet homme de la montagne deviendra l'un des visages de la souveraineté retrouvée, comme le raconte notre volet de la Révolution du Cèdre à la transmission.

Walid JoumblattGuerre du LibanChoufRéconciliationDruzes
Rédigé par

La rédaction

La rédaction de LibanInfo.fr

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